Huitième tome sur vingt de la saga des Rougon-MacquartUne page d’amour raconte l’histoire d’Hélène, veuve et mère d’une petite Jeanne, s’installant à Paris suite au décès de son mari. Jeanne étant très malade, leur voisin de médecin, Henri Deberle, jouera un important rôle dans leur vie, tout comme l’épouse de celui-ci.

Les Rougon-Macquart, tome 8 : Une page d'amour par Zola

Vous me pardonnerez de vous divulgâcher un élément somme toute assez facile à deviner… La page d’amour est celle d’Hélène et Henri, nos deux H, dont la liaison est finalement toute timide. Cependant, d’autres liaisons se déroulent sous nos yeux, dont je ne parlerai pas. Sont-ce des liaisons dangereuses ? Finalement peu, car les amours extraconjugales ne se dévoilent pas, ôtant peut-être un peu de piquant à l’histoire. Seul un couple est finalement véritablement heureux, celui de Rosalie, femme de chambre d’Hélène, et de son soldat, qui s’amusent franchement bien. Et l’on se questionne même à la fin : les femmes plus riches sont-elles finalement moins libres que les pauvres ? Car Hélène finit par se résigner, comme Mme Deberle. L’hypocrisie et le mensonge pullulent. 

Mais je m’étends là simplement sur l’histoire, ses thèmes récurrents (dont la maladie de Jeanne, qui est une petite fille d’une jalousie maladive envers sa maman également). Mon avis ? Disons que pour un écrin de douceur, je vous conseillerais plutôt La faute de l’abbé Mouret, le cinquième tome, beaucoup plus joli, à mon humble avis. Une page d’amour ne semble pas très connu, et après ma lecture, je comprends pourquoi.

Le tout m’a paru assez lent et répétitif. Les hésitations d’Hélène et d’Henri, les crises de Jeanne, les descriptions de Paris trop nombreuses pour qu’on en remarque la beauté. Car oui, Zola conserve son style particulier, ses jolies descriptions, mais ici, cela devient lassant. Mais peut-être est-ce simplement nous mettre à la place des personnages, dont la vie monotone est elle aussi lassante, au point que les quatre-vingt dernières pages ont été lues en diagonale.

Eh oui, c’est là la grande péripétie de mon amour avec Zola, qui ne dure certes que depuis trois petites années. Après sept tomes qui m’ont beaucoup plu, avec plus ou moins d’intensité, bien entendu, me voici déçue par trop de douceur, par des personnages auxquels je ne me suis pas du tout attachée, et par un point culminant qui aurait dû me faire pleurer à chaudes larmes mais que j’ai passé rapidement. 

Émile, tu ne me lis pas, mais s’il-te-plaît, de ton Panthéon, promets-moi que la suite sera à la hauteur et que je ne serai plus jamais si déçue de tes livres que j’en passe les pages à la vitesse de l’éclair. Faisons renaître la flamme avec Nana, revenons à nos amours du temps de La Fortune des Rougon

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