Voici deux poèmes issus du recueil Que la blessure se ferme de Tahar Ben Jelloun, paru aux éditions Gallimard.

Couverture Que la blessure se ferme

Une porte perd son cadre

monte d’un cran vers le ciel

la grande fenêtre la rejoint

la maison perd le toit 

la terrasse se promène avec le linge qui sèche

les formes du temps changent de repères

les souvenirs s’en mêlent

le passé n’est plus simple

le futur descend l’escalier étroit

la maison loge des bribes d’imparfait

sous le dôme de l’improbable.


Le trait

Seulement le trait

Chemin vers la montagne qui s’élève

Voie vers le nu

Le dépouillé

Le renoncé

L’écriture à peine visible

Tombe les syllabes de la plume

Qui perd l’encre et le sang.