Un an après avoir lu (et adoré) Orgueil et Préjugés, j’ai lu Persuasion, le roman publié à titre posthume de Jane Austen. 

Couverture Persuasion

L’histoire est celle d’Anne, jeune aristocrate, qui, influencée par une femme qu’elle tient en grande estime, abandonne l’idée d’épouser un certain Wentworth. Lorsque leurs chemins se croisent, huit ans plus tard, Anne est dans tous ses états, d’autant plus que Wentworth cherche apparemment à se marier. 

Vu comme ça, on croirait plonger dans une petite romance (presque à l’eau de rose)Heureusement ou malheureusement (selon vos attentes), il n’en est rien.  

Le titre est évocateur : les personnages tentent tous d’influencer les autres afin que les événements correspondent avec leurs intérêts. Jane Austen nous montre ainsi une société dans laquelle les relations sociales sont bien souvent hypocrites (les choses ont peu changé, finalement) et se doivent d’avoir un côté utile, même au sein d’une même famille. Anne, pour ne nommer qu’elle, est tout juste tolérée par sa famille, ne correspondant pas à leurs idées ; elle est souvent confrontée à l’indifférence des gens les plus proches d’elle. 

Dès les premières pages, j’ai été saisie par l’atmosphère malsaine du roman. Par ces relations, par ces tentatives d’influence, par ces mariages qui n’ont lieu que s’ils apportent quelque chose à la famille – bien souvent, un enrichissement financier, ou un titre particulier, ou les deux. Cette atmosphère m’a gênée au début, jusqu’à ce que je comprenne que c’était très certainement voulu ; on se rappelle que Jane Austen n’est pas tendre avec la société, qu’elle en connaît les failles, et qu’elle les met bien en évidence. À partir de ce moment-là, j’ai pris goût à cette lecture. L’histoire ne m’a séduite que vers la fin, mais j’ai apprécié l’analyse de l’influence faite à travers les pages.

S’il fallait retenir une leçon de Persuasion, ce serait de ne pas se laisser marcher sur les pieds et de faire ce qui nous rend heureux. Jane Austen semble croire que les gens qui veulent influencer les autres à tout prix ne connaîtront jamais pleinement le bonheur. Je le crois aussi. 

Le ton et la plume sont différents de ceux utilisés dans Orgueil et Préjugés. Moins d’ironie dans l’écriture, mais des personnages aussi bien dépeints (à noter : il y a pas mal de personnages, et il n’est pas toujours facile de se souvenir de qui est qui) et une héroïne aussi forte qu’Elisabeth Bennet.

C’est donc à nouveau une plongée dans le XIXe siècle que nous offre Jane Austen. Une nouvelle analyse, un livre qui nous raconte aussi les différences entre les diverses classes sociales, le couple sous toutes ses formes, ainsi que le temps qui passe

Persuasion est donc une jolie découverte. J’ai cependant préféré Orgueil et Préjugés. Je trouvais l’histoire plus « palpitante » et les personnages plus attachants. Dans Persuasion, j’ai beaucoup apprécié Anne et Wentworth, mais j’ai trouvé ce dernier trop mystérieux. Il ne commence à réellement être lui-même que vers la fin (Sinon, il fait un excellent book-boyfriend 😉 ).

*** Je me suis promis de lire les 6 romans achevés de Jane Austen. Ainsi, il m’en reste 4 à lire. J’ai pour l’instant Mansfield Park dans ma PAL. Je ne sais pas quand je vais le lire, mais si cela vous dit, contactez-moi pour en faire une lecture commune 🙂

Et vous, avez-vous lu Persuasion

236 pages. Archipoche.

 

 

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