Sur fond historique et en plus d’être une véritable invitation au voyage, Une terrasse sur le Nil mêle drame, romance, secrets et quête du bonheur. 

Couverture Une terrasse sur le Nil

L’histoire commence en 1932, à Tunis. Sultana, orpheline désargentée, fait la connaissance de Raoul Smadja. Celui-ci la demande en mariage mais… son seul vœu est qu’elle lui donne un héritier. Sultana décide d’accepter son étrange marché et part avec lui pour Le Caire, où Raoul possède une demeure majestueuse. Si Sultana est bien accueillie, elle ne souffre pas moins du mystérieux secret de son mari…

 Le résumé officiel est plus long, beaucoup plus long. Libre à vous de le consulter, mais je vous le déconseille, car il en dévoile trop. Je l’avais simplement parcouru avant de commencer le roman, mais, au fil de ma lecture, je l’ai lu et certains éléments n’étaient toujours pas là après la moitié du bouquin. Si vous voulez des surprises, c’est un peu raté…

L’histoire en elle-même ne m’a pas passionnée, je l’avoue. Par contre, j’ai adoré le personnage de Sultana et son évolution au fil des pages. On passe tout de même plus de vingt ans à ses côtés, alors autant s’attacher à elle, non ? Sur 302 pages, ça peut paraître juste, mais les éléments importants sont là. La psychologie de Sultana est montrée tout en finesse. On sent les changements subtils qui s’opèrent en elle, à travers ses émotions. On la voit s’épanouir, tenter de faire son chemin, d’être heureuse. Parfois, elle pense que c’est impossible, puis elle fait preuve d’une détermination et d’un courage sans failles. C’est un personnage entier, qui doit se trouver, car elle ne connaît pas ses origines. Elle passe aussi de la pauvreté à la richesse en un claquement de doigt, s’y adapte sans perdre sa générosité et son humilité. Bref, Sultana, c’est la pépite de ce roman

J’ai bien aimé les autres personnages, avec un attachement particulier pour la maman de Raoul, parce qu’ils ont tous leur part d’ombre. Souvent, dans les romans, il y a des gentils, des méchants, mais là, pas du tout. Tous sont décrits autant avec leurs qualités qu’avec leurs défauts. C’est peut-être l’avantage d’un narrateur omniscient ? (D’ailleurs, vous êtes plutôt narrateur à la première ou à la troisième personne ?)

Autre élément plaisant : l’invitation au voyage. Les descriptions des couleurs, des odeurs, des goûts, des tissus sont maîtrisées, jamais trop nombreuses (je n’aime pas les trop longues descriptions…) et nous envoûtent. Durant tout le récit, j’ai eu envie d’aller en Égypte, de découvrir ce pays si riche culturellement. Si différent du mien, aussi. 

Parlant de culture, c’est un aspect essentiel du roman, tout comme l’Histoire. En effet, avec les informations que je vous ai données, vous vous doutez bien que nous traversons la Seconde Guerre mondiale dans le récit. On entend souvent parler des mêmes pays, notamment l’Allemagne et la France, donc j’apprécie les lectures qui me montrent les conséquences de cette guerre dans d’autres pays. Ici, c’est donc l’Égypte. Nine Moati nous explique tous les changements opérés dans le pays (et dans les pays voisins). Il faut savoir que les différents groupes religieux se côtoyaient sans anicroches. Vous vous en doutez, la guerre, antisémitisme ont changé cela. On observe également les coutumes culturelles, la mentalité égyptienne de l’époque, parfois troublantes, mais permettant de réfléchir et de comparer nos points de vue. Une immersion totale parmi la bourgeoisie égyptienne (mais pas que). Dont la vie n’est pas entièrement rose…

Pour finir, je dirais que ce roman est agréable, relativement rapide à lire et qu’il est intéressant à plusieurs niveaux. L’histoire en elle-même semble banale, très simple, mais d’autres éléments en font une lecture très sympa. 

Des suggestions de romans qui se déroulent en Égypte ? Envie de lire Une terrasse sur le Nil ?

302 pages. Éditions Ramsay.

 

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