Chiyoko, à l’aube de l’âge adulte, s’apprête à se jeter devant un train. Izumi, jeune mère célibataire, vient l’en empêcher. Entre les deux femmes, le coup de foudre est direct. Elles décideront de partir ensemble, avec Sôsuke, le fils d’Izumi, à un endroit qu’elles rebaptiseront le Machu Picchu, et où elles ouvriront une chambre d’hôtes. (attention : petits spoilers)

Couverture Le jardin arc-en-ciel

C’est avec beaucoup de pudeur qu’Ito Ogawa a écrit ce magnifique roman, qui met la larme à l’œil plus d’une fois. Sous des débuts qui semblent annoncer une romance se cache l’histoire d’une famille unie, fait pourtant de quatre individus au caractère bien défini.

C’est bien entendu l’occasion de parler d’homosexualité, mais aussi tout simplement d’identité, de différences, la chambre d’hôtes accueillant tout le monde sans discrimination, et un personnage (que l’on voit trop peu, à mon avis) étant transgenre (n’hésitez pas à me corriger si je me trompe de terminologie).

C’est aussi l’occasion de parler de famille, car rares semblent les familles si unies, ne formant qu’un avec des caractères si différents. Bien sûr, il y a les coups de gueule, les disputes, mais il y a au fond surtout beaucoup d’amour, d’acceptation, de pardon, d’excuses en cas d’incompréhension. De l’empathie, pour tous.

Bien qu’il s’agisse d’un très beau roman, magnifiquement traduit, et qui réchauffe le cœur à de nombreux passages, des sujets difficiles sont abordés : maladie, deuil, entre autres. Les larmes peuvent couler. Mais le tout est traité avec justesse, avec douceur et bonté, et avec, encore une fois, la pudeur qui semble caractériser la littérature japonaise, du moins l’un de ses pans. 

C’est véritablement un petit bijou que ce roman, acheté par hasard, par intuition. Je relirai l’auteure avec bonheur, je suis preneuse de titres, si vous en avez !

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