« Dans les derniers jours de mai 1793, un des bataillons parisiens amenés en Bretagne par Santerre fouillait le redoutable bois de la Saudraie en Astillé. On n’était pas plus de trois cents, car le bataillon était décimé par cette rude guerre. C’était l’époque où, après l’Argonne, Jemmapes et Valmy, du premier bataillon de Paris, qui était de six cents volontaires, il restait vingt-sept hommes, du deuxième trente-trois, et du troisième cinquante-sept. Temps des luttes épiques. »

Couverture Quatrevingt-treize

Quatrevingt-treize (ou 1993 comme je le rebaptise parfois [involontairement], en égoïste qui ne pense qu’à son année de naissance) est un roman dont on à peine à sortir indemne. Je commence par la fin, qui m’a paralysée quelques instants, comme l’avait fait celle de Notre-Dame de Paris. 

Puisque, pour ne pas arranger les choses, j’ai mis des mois à le lire (je crois l’avoir déjà dit, mais je lis plusieurs livres à la fois, et parfois j’ai du mal à lire), il m’est difficile d’écrire ce billet, mais comment pourrais-je passer à côté de l’occasion de vous parler de Victor Hugo ?

L’histoire tourne autour de trois hommes : le marquis de Lantenac, royaliste ; son neveu Gauvain, républicain ; le « maître » de celui-ci, le prêtre Cimourdain. Trois personnages aux idées parfois bien différentes, et même si Gauvain et Cimourdain sont dans le même camp, ce dernier est bien plus implacable. Trois hommes dans la peau desquels se glisse l’auteur avec impartialité, s’attachant à montrer les qualités et défauts de chacun, n’en défendant aucun ; il faut dire que Hugo a changé d’opinion politique au cours de sa vie.

J’ai apprécié cette impartialité, n’étant moi-même pas véritablement capable de choisir un courant politique (je crois qu’aucun ne me convient vraiment). Étant d’avis qu’il faudrait piocher des idées dans tous les programmes, j’ai aimé être simplement plongée dans une histoire faite d’individus remarquables, tout simplement. Il y a des gens bien partout.

Il y a aussi cette mère à la recherche de ses trois enfants, dont la détermination est époustouflante. Le genre de personnage que je retrouve généralement chez Hugo, chez lequel la maternité semble être un thème souvent abordé. 

Au-delà, il y a l’Histoire, mais ce n’est visiblement pas ce que j’ai le plus retenu de cette lecture. Pas parce qu’il n’y aurait rien à en dire, au contraire, il n’y a qu’à lire l’incipit pour s’en rendre compte ; plutôt parce que mon esprit s’attachait à retenir les noms des personnages, les grands événements, histoire de ne pas être perdu lorsque viendrait le temps de se replonger dans le roman. C’est pas grave, ce sera l’occasion d’une relecture 😉 Et peut-être que certains parmi vous auront envie de parler du côté historique en commentaire !