Big Brother is watching you

Couverture 1984

C’est un classique de la science-fiction qu’il me semblait important de lire, surtout après avoir tant apprécié La Ferme des animaux du même auteur. 1984 a été une aventure pour moi ; ma lecture a été longue (lire plusieurs livres en même temps tout en ayant de la difficulté à lire sur une longue période, c’est un mélange particulier) et mes sentiments partagés. 

Le lecteur est invité à suivre Winston, qui travaille pour le Parti, celui du fameux Big Brother. Le Parti a instauré un climat particulier. Tout ce que vous faites peut être vu, ce que vous dites est entendu, rien ne peut échapper au Parti. Gare à ceux qui seraient contre celui-ci… Le Télécran vous surveille en permanence, une parole dite dans votre sommeil peut vous faire disparaître… et ce sera alors comme si vous n’aviez jamais existé. Oui, car le Parti décide de tout, et s’il décide de changer le passé, il le fait, et vous devez prendre pour argent comptant ce qui vous est dit. S’il décide que deux et deux font cinq, alors deux et deux font cinq. Les seuls qui sont un peu tranquilles, on va dire, ce sont les prolétaires. Mais bon, leurs conditions de vie sont pas top top hein. Et puis comme on est constamment en guerre, leurs quartiers sont totalement ravagés par les bombes. 

C’est de la science-fiction, mais en 2021, je trouve malheureusement que la société peinte par George Orwell ressemble à celle que l’on connaît. Je m’attendais à connaître un choc dès les premières pages, mais chaque détail me semblait proche de notre réalité. Un petit cran au-dessus, et on y est.  Bref, la première partie a été laborieuse. C’était à la fois intéressant et peu étonnant pour un lecteur d’aujourd’hui.

Puis est arrivée la deuxième partie. L’action commence, un personnage féminin prend de l’importance, et c’est l’occasion d’entrer un peu plus dans les détails mais aussi de confronter les points de vue de deux personnages de générations différentes, qui veulent faire bouger les choses, mais chacun de façon différente. C’est assez intéressant de comparer les deux personnages et surtout, de comprendre d’où proviennent leurs différences d’opinion.

Enfin, la troisième partie est horrifiante. Le génie d’Orwell se situe dans cette partie et dans sa capacité à embarquer le lecteur dans l’histoire, qui trouve difficile de lâcher le bouquin, et à l’intéresser pleinement à ses considérations politiques, à l’explication du fonctionnement de cette société vers laquelle on finira par courir si rien ne change (oui, je suis d’un optimisme inégalé). Il y a des moments qui m’ont empêchée de bouger, j’avais l’impression d’être à la place de Winston. Et puis cette fin, bon Dieu !

Ça avait donc mal commencé entre nous, mais désormais, je crois fermement que 1984 est un livre à lire absolument. Il est essentiel, car il est trop proche de ce que nous vivons et voir ce qu’il peut advenir pourrait nous permettre d’essayer d’empêcher cela (une touche d’optimisme quand même).

Bref, lâchez tout, lisez 1984, et sauvons le monde, hein ?