Ma première lecture de Huysmans date d’il y a trois ans, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne s’était pas très bien passé. Ma lecture d’À Rebours avait été laborieuse, j’avais sauté des passages, mais le cours que je suivais me passionnait et me donnait envie de redonner sa chance à l’auteur. Aussi, lorsque, pour ce semestre, j’ai vu que je devais lire Là-bas, j’étais à la fois contente et un peu stressée : est-ce que cette fois, j’allais apprécier ma lecture ?

Couverture Là-bas

Dans Là-bas, nous faisons la rencontre de Durtal, que Huysmans suivra dans deux autres livres, si je ne me trompe pas, constituant ainsi une série. Durtal écrit un livre sur Gilles de Rais, chevalier du Moyen Âge ayant perpétué des crimes horribles sur des enfants. Si vous ne le savez pas, Gilles de Rais a réellement existé, ce qui est raconté dans le roman sur lui semble donc vrai et certains passages sont très difficiles à lire.

Durtal s’intéresse aussi à la religion, en lien avec ses écrits sur Gilles de Rais, et se penchera particulièrement sur la magie noire, le satanisme, qui donne lieu à des scènes inquiétantes. Pour parfaire ses recherches, il nouera une relation avec une femme mariée ayant contact avec un prêtre pratiquant le satanisme. Il aura de longues discussions avec un sonneur de cloches très pieux, son ami Des Hermies, un médecin, ainsi que Gévingey, un astrologue.

C’est aussi l’occasion pour Huysmans de parler d’art, l’une de ses passions, lui qui aurait tant aimé être peintre. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire ses Écrits sur l’art, qui sont érudits mais aussi très drôles à lire tellement l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère… 

Tout cela est bien beau, mais ça ne dit pas si j’ai apprécié ma lecture ou pas, me direz-vous ! Eh bien, je suis très heureuse de vous annoncer que j’ai beaucoup aimé ce livre ! C’est très sombre, parfois difficile à lire, comme je l’ai dit plus haut, mais passionnant. Je conçois que ça puisse ne pas plaire, tant à cause des sujets abordés que du style, très soutenu, Huysmans étant constamment à la recherche du mot rare (ça ne se voit pas toujours, mais j’écoute bien en cours), mais pour ma part, ça a parfaitement fonctionné. Je reste tout de même sur ma faim concernant quelques éléments, concernant la fin, mais j’imagine qu’il ne me reste qu’à me procurer le deuxième livre pour poursuivre ma découverte de Durtal et de ses expériences !

Peut-être relirai-je À Rebours plus tard, peut-être l’ai-je lu à un moment qui ne me convenait pas (je suis convaincue qu’un livre peut ne pas nous plaire/parler à un moment mais le faire à un autre), peut-être me fallait-il commencer par les autres œuvres de Huysmans pour pouvoir l’apprécier… toujours est-il que Là-bas m’a fait passer un très bon moment (malgré l’obscurité qui peut s’en dégager) et que je n’ai donc pas l’intention de fuir Huysmans, au contraire !