« Au milieu du grand silence, et dans le désert de l’avenue, les voitures de maraîchers montaient vers Paris, avec les cahots rythmés de leurs roues, dont les échos battaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes. »

Couverture Le ventre de Paris

Le Ventre de Paris, c’est une plongée dans les Halles. Auprès de Florent qui est de retour dans la capitale suite à une arrestation et à l’exil. Auprès des marchands, poissonniers, charcutiers, etc. Parmi ceux-ci, le frère de Florent, époux de Lisa Macquart, fille d’Antoine et Joséphine, rencontrés dans La Fortune des Rougon

Un roman qui fait appel aux sens ; c’est cependant l’odorat qui est le plus sollicité (pensons notamment à cette fameuse description des fromages). J’avoue m’être parfois sentie encrassée par les odeurs, le poisson, les salissures d’un certain petit chenapan, lais c’est bien la preuve que la plume de Zola trace à merveille le décor dans ses moindres détails. On ne peut être qu’admiratif devant cette précision si particulière. 

La saleté, c’est aussi celle, plus psychologique si je puis dire, des habitants des Halles. Les cancans, l’hypocrisie règnent en maîtres des lieux, même lorsque les personnages se disent honnêtes… J’ai donc eu beaucoup de difficultés à m’attacher à eux. Florent me plaisait beaucoup au début, puis j’ai eu le sentiment qu’on le mettait un peu de côté, qu’on aurait pu le développer davantage (cela étant, j’ai mis si longtemps à lire le roman qu’il est possible que ce ne soit que ma mémoire qui fasse défaut). 

De nombreux lecteurs ont eu l’impression que le personnage central était finalement les Halles elles-mêmes, et je suis plutôt d’accord. Ce décor-personnage est ce qui est le mieux traité par l’auteur, le mieux décrit, le mieux développé, et le plus intéressant, du moins à mes yeux.

C’est pour l’instant le tome des Rougon-Macquart que j’ai le moins apprécié, mais je crois que c’est aussi dû à quelques difficultés personnelles et au temps que j’ai mis à le lire. Rendez-vous lors de la relecture pour voir si mon avis aura changé (bon, ce sera pas tout de suite, on a le temps 😉 ).