« Au retour, dans l’encombrement des voitures qui rentraient par le bord du lac, la calèche dut marcher au pas. Un moment, l’embarras devint tel, qu’il lui fallut même s’arrêter. »

Couverture La curée

Après Plassans, voici Paris. Napoléon III est au pouvoir, et Aristide Rougon, désormais Aristide Saccard, saisit sa chance dans la capitale, près de son frère Eugène. C’est donc l’occasion de revenir sur son parcours personnel et de faire la rencontre, dès les premières lignes, avec son fils, Maxime, et sa deuxième épouse, Renée.

C’est aussi la découverte du mode de vie des gens riches, avec leurs nombreuses liaisons et des changements dans la capitale à cette époque ; un rythme effréné bien représenté par les personnages et leurs turbulentes vies. C’en est à se demander si les gens font la ville ou si la ville fait les gens.

Si beaucoup s’accordent pour dire qu’Aristide est le personnage principal du roman (Zola le voyait comme le héros de celui-ci), je trouve plutôt que Renée lui vole la vedette. Curieux personnage qui confie s’ennuyer et vouloir « autre chose » dans le premier chapitre. Eh bien, elle y goûtera, à cette « autre chose »… et donnera l’occasion au lecteur de se poser une question : un crime est-il moins grave/gênant lorsque commis par quelqu’un de riche ? Peut-on plus facilement lui pardonner ?

Par ailleurs, Renée et Maxime m’ont fait penser à la Marquise de Merteuil et au Vicomte de Valmont des Liaisons dangereuses. Est-ce fait exprès ? Est-ce seulement une impression ? Un lien mythologique est aussi à prévoir, mais je ne le dévoilerai pas, pour ne pas tout vous révéler !

J’avoue ne pas avoir tout compris aux affaires de Saccard… Je ne sais pas comment il (et comment Zola surtout) a fait pour s’y retrouver. J’ai plutôt hâte de découvrir le sixième tome, Son Excellence Eugène Rougon, pour approfondir le personnage d’Eugène, son frère.

J’ai beaucoup apprécié ce roman, qui, malgré la taille minuscule de la police, se dévore rapidement, une fois que l’on embarque dans l’histoire. Je ne me suis pas autant attachée aux personnages qu’à ceux de La Fortune des Rougon, mais je les ai trouvés très intéressants, et il faut dire que Zola, comme à son habitude, ne les épargne pas.