La Bombe Universelle a explosé. Monsieur Gé gérait tout, et a emmené avec lui Lucie et Henri dans l’Arche, située sous terre. Dans vingt ans, ils remonteront à la surface.

Couverture Une rose au paradis

Un autre Barjavel, une plongée en science-fiction, et un autre très bon roman. Dans celui-ci, nous sommes en huis-clos, sous terre, avec Monsieur Gé, Lucie et Henri… ainsi que les enfants de ces deux derniers : Jif et Jim.

L’histoire débute sous terre, où l’on apprend que Jif et Jim ont commis l’irréparable, ce qui pose bien des questions morales… Ceux-ci, élevés sous terre, ne connaissent pas la surface de la planète, qui, de toute façon, a dû être transformée suite à l’explosion de la Bombe Universelle.

C’est un aspect que j’ai trouvé intéressant, qui m’a plongée dans un trouble absolu : comment expliquer des choses simples à quelqu’un qui n’a pas les mêmes références que nous ? Comment dire ce qu’est de la terre, ce qu’est un caillou ? Pour nous qui sommes habitués à notre environnement, comment ferions-nous si nous devions en développer un autre, et comment expliquerions-nous aux générations futures notre passé, si nous n’avions qu’un dictionnaire rempli de mots inconnus pour eux à portée de main ?

Puis, pour quelques pages, c’est l’histoire de Lucie et d’Henri, avant la fin du monde, qui nous est racontée. J’ai beaucoup aimé ce couple charmant, unique et touchant, dès le départ. Puis le pendant social de leur vie à la surface de la terre, ceux qui étaient pour la fabrication des bombes, ceux qui étaient contre, la marche des ces femmes enceintes à laquelle Lucie participe pendant que Henri est contacté par Monsieur Gé…

Puis on revient sous terre. Mon seul regret, peut-être, c’est que le roman ne commence pas sur la rencontre entre Henri et Lucie, ce qui aurait amené, à mon sens, un peu plus de suspense. Parce que là, forcément, on sait bien qu’ils vont se rejoindre, puisqu’ils sont tous les deux dans l’Arche. Rien de très grave, ç’aurait simplement été un petit plus.

La suite, je ne la dévoilerai pas, pour ne pas trop en dire. J’ai cru y lire une sorte de réécriture de la création de la Terre, d’Adam et Ève. Un roman qui apporte bien des réflexions, tout en étant assez court et divertissant !