Ici, de l’autre côté du monde, les yeux étaient des portes ouvertes. Noires. Sur les ténèbres du vide. Elles attendaient que quelque chose entrât et allumât les feux de la lumière. Peut-être le geste d’un ami. Peut-être seulement un espoir de Dieu au bout de l’éternité interminable. Mourir, vivre, il ne semblait pas que cela fût important. L’important, c’était de recevoir quelque chose, et d’espérer. Et toutes les portes de ces yeux étaient immensément ouvertes pour recevoir cette trace, ce soupçon, cet atome d’espoir qui devait exister quelque part dans le monde infini et qui avait le visage d’un frère, ou d’un étranger, ou d’une fleur, ou d’un dieu.

Couverture Les chemins de Katmandou

Fin des années 60. Événements de mai 68. Désillusion. La jeunesse veut se démarquer des générations précédentes. Beaucoup partent pour Katmandou. Parmi eux, Jane et Olivier, dont on suit les aventures.

Les Chemins de Katmandou représente pour moi le roman de la désillusion. Tout au long de ma lecture, c’est ce mot qui me revenait en tête. La désillusion de la jeunesse française, et internationale. La fuite vers un ailleurs plein de promesses. Mais les promesses ne sont pas toujours tenues… La désillusion de certains adultes également, embourbés dans leurs mensonges. 

Ce voyage au Népal, parsemé de quelques péripéties, ne m’a pas franchement emballée. En cause ? Un manque d’attachement aux personnages, l’amour entre Jane et Olivier qui ne m’a pas convaincue. Mais que cela ne vous décourage pas : chacun ressent les choses différemment, et surtout, je crois que je m’attendais à de la science-fiction, et que j’avais besoin d’autre chose. Le traitement des femmes n’est pas toujours très correct non plus…

Le roman n’est pourtant pas dénué d’intérêt. La désillusion des jeunes est contrebalancée par l’espoir des népalais. Les descriptions des nombreux temples sur les routes peuvent faire rêver. L’envie d’effectuer un petit voyage se fait ressentir, l’envie d’aider les populations aussi.

Je relirai peut-être Les Chemins de Katmandou plus tard, car quelques éléments restent intéressants. Ce n’était peut-être pas le bon moment pour moi, tout simplement.