Je suis vraiment très heureuse de vous présenter aujourd’hui l’un de mes romans préférés : La nuit des temps, de Barjavel, que, pourtant, je n’avais pas vraiment apprécié lors de ma première lecture.

Couverture La Nuit des temps

J’avais treize ou quatorze ans ; pour le cours de français, il fallait lire ce roman de Barjavel. Je n’ai pas aimé. Le début ne m’intéressait pas, et j’ai probablement été entraînée par l’avis général de la classe également.

Pourtant, j’avais l’intuition qu’il fallait que je relise ce livre. Lors de mon retour en France, je n’ai pas pu emporter tous mes livres : j’ai choisi de prendre uniquement mes livres préférés. Et pourtant, et malgré sa couverture pas très jolie, La nuit des temps a rejoint la liste.

Je l’ai alors effectivement relu à vingt-deux ans et là, bim : coup de cœur ! Mon intuition était donc bonne !

Et puis j’ai décidé de me replonger un peu dans Barjavel : c’est pour cela que j’ai chroniqué Les enfants de l’ombre il y a quelques jours, que j’ai relu La nuit des temps, que j’ai lu Les Chemins de Katmandou (chronique à venir) et que je suis en train de lire Une rose au paradis. Je relirai peut-être Le Grand secret dont j’ai brièvement parlé sur le blog.


C’est bien beau tout ça, mais La nuit des temps, c’est quoi ?

(quelques petits spoilers, désoléé – mais cela ne change rien au plaisir de la lecture)

Eh bien, c’est un roman de science-fiction. Les membres des Expéditions Polaires françaises trouvent, sous la glace, un signal. Ils découvrent, au fil de leurs recherches, des salles, puis deux corps conservés, puis font la rencontre d’une civilisation vieille d’environ 900 000 ans… et bien plus avancée que nous sur le plan technologique.

Pourquoi le lire ?

– Pour l’imagination de Barjavel

L’un des aspects qui m’ont le plus intéressée, c’est la société imaginée par Barjavel, son fonctionnement surtout. C’est ce qui me plaît dans la science-fiction, d’ailleurs, en général : pouvoir découvrir d’autres mondes, qui fonctionnent plus ou moins bien, mais qui dépaysent grandement. On est ici face à un monde très avancé sur le plan technologique : par exemple, chacun reçoit une clé, qui enregistre toutes ses données, ainsi que l’emplacement de la personne… à la fois pratique, mais peut-être un peu trop invasif (et peut-être un peu prémonitoire, malheureusement ?). De plus, chaque année, tout le monde reçoit un même montant, qui lui permet de vivre correctement. Chacun, s’il le souhaite, peut travailler, plus ou moins, pour s’offrir plus de choses. Cependant, à la fin de l’année, tout le monde revient au même niveau, de façon à ce qu’il n’y ait pas d’inégalités… Il peut pourtant y en avoir, mais je vous laisse découvrir comment…

– Pour lire une jolie histoire d’amour

Chaque personne a une personne qui lui est désignée par un ordinateur qui connaît tout le monde. J’ai vu des lecteurs critiquer cela, et pourtant, l’ordinateur s’assure de vous assigner à la personne qui vous correspondra le mieux. Cela n’est pas toujours évident (je n’en dis pas plus), mais Éléa et Paikan, eux, forment un couple attachant, magnifique. J’ai énormément apprécié suivre leur histoire, la profondeur de leurs sentiments. Ils font partie de mes personnages littéraires préférés.

– Pour le côté très actuel du roman

La nuit des temps est aussi un peu politique. Tous les pays se battent, plus ou moins pacifiquement et de façon juste, pour que les pièces trouvées soient analysées dans leurs labos, afin de s’attribuer le mérite de la découverte. Ils ne sont pas toujours d’accord sur les actions à mener, et c’est un peu la guéguerre entre tous. Je trouve que les choses aujourd’hui n’ont pas réellement changé, d’un point de vue politique (scientifique, ça, je n’en sais rien). C’est toujours la faute de tel pays, c’est nous les meilleurs, etc. …et j’ai le sentiment que c’est tout le temps et partout comme ça. Du coup, bien que le roman commence à dater, je trouve certaines thématiques très actuelles, tant du point de vue des chercheurs, de l’international, que dans certains événements de « l’ancienne » civilisation.


Tout n’est pas parfait, loin de là. On peut noter quelques commentaires limites sur les femmes par exemple (je retrouve cela assez souvent chez Barjavel, d’ailleurs), comme : « les femmes sont belles, mais les hommes, eux sont plus intelligents » (je caricature un peu). Les premiers chapitres peuvent paraître longuets au début, car il ne s’agit que des découvertes, ce qui peut sembler laborieux aux yeux de certains lecteurs, mais n’abandonnez pas : d’une part, les chapitres sont courts ; d’autre part, ce que vous découvrirez par la suite est superbe !


Je vous souhaite de belles lectures en cette période de confinement ; n’hésitez pas à relire vos livres préférés si vous les avez avec vous, ça fait un peu de bien, et on les voit parfois sous un autre angle, on découvre de nouveaux détails ! De mon côté, La nuit des temps m’a encore plus plu lors de cette troisième lecture. Prenez soin de vous 🙂