Premier tome d’une série de vingt, La Fortune des Rougon dresse le portrait de la famille Rougon-Macquart (du moins, de ses orignines), à Plassans, tout en plaçant l’action autour du coup d’État du 2 décembre 1851.

Couverture La fortune des Rougon

Vous le savez peut-être, j’ai décidé de lire tous les Rougon-Macquart dans l’ordre. Quelques personnes m’ont dit qu’il fallait un peu s’accrocher en lisant La Fortune des Rougon. Je peux le comprendre, bien que je n’en aie personnellement pas eu besoin. Dès les premières pages, j’étais subjuguée par l’écriture de Zola, comme chaque fois que je commence l’un de ses textes.

Je peux comprendre que les chapitres concernant la vie et la descendance d’Adélaïde Fouque, celle qui permet la naissance de la famille Rougon-Macquart, lassent certains lecteurs… Pour ma part, je les ai trouvés passionnants. Les expérimentations de Zola concernant l’hérédité ne sont pas forcément subtiles, il est vrai, mais ce n’est pas ce qui m’a le plus marquée.

Ce sont surtout les personnages de Silvère et de Miette, présentés dans le premier chapitre, qui m’ont fait vibrer. Leur amour naissant et leur soif de liberté sont touchants. Tous deux sont très courageux et volontaires. S’il ne devait y avoir qu’une seule raison de lire La Fortune des Rougon, ce serait celle-ci : rencontrer Miette et Silvère.

« Non, dit-elle, je ne pleure plus, tu vois… J’aime mieux ça. Maintenant, je n’ai plus de remords d’être partie. Je suis libre. »

Bien entendu, il n’y a pas que ça… Certains seront peut-être passionnés par la quête de pouvoir de Pierre Rougon et de son épouse Félicité. La bataille fait rage entre ceux qui souhaitent l’Empire et les Républicains, et les deux époux tentent de bâtir leur fortune après tant de revers grâce à ces événements. S’ils sont plutôt égoïstes, voire carrément odieux et cruels (particulièrement Pierre), j’ai apprécié de suivre leurs « aventures », et j’ai aimé que Félicité soit parfois à l’origine de retournements positifs pour eux, étant donné que Pierre considère que les femmes ne comprennent rien à la politique.

Je pense que La Fortune des Rougon peut plaire à un grand nombre de lecteurs, car il y en a pour tous les goûts : politique, famille, Histoire (d’ailleurs, si cela vous inquiète, sachez que je m’y connais très peu en histoire, voire pas du tout, et j’ai justement trouvé que le roman facilitait la compréhension de certains événements), et même amour sont des thèmes qui s’entremêlent ici, alliés à la beauté des mots.

Il n’y a pas, dans la campagne de Plassans,un endroit plus ému, plus vibrant de tiédeur, de solitude et d’amour. C’es là où il est exquis d’aimer.

La petite ville de Plassans m’est apparue comme un personnage à part entière, tantôt victime, tantôt plus forte de ses habitants. J’ai hâte de connaître la suite des événements qui s’y dérouleront ! J’ai aussi très envie de retrouver les personnages que je connais déjà (particulièrement Pascal), et de rencontrer ceux que je ne connais pas encore.

Je qualifierais cette lecture de coup de cœur, et ce, dès les premières pages, ce à quoi je ne m’attendais pas forcément. Si la lecture de La Fortune des Rougon vous tente, n’hésitez pas à prévoir quelques mouchoirs…