Cette semaine, je vous propose un extrait des Lettres à Anne de François Mitterrand.

Ce rendez-vous a été proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de donner une citation de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Le but est de découvrir ou de redécouvrir la plume de certains auteurs.

Couverture Lettres à Anne : 1962-1995

Parce que j’éprouve le besoin de prolonger les belles heures d’hier, je vous écris, Anne, ces quelques lignes. Dans un moment je partirai pour la Nièvre mais cette lettre, déposée à Paris et en route vers vous, réduira l’espace et le temps tout en leur restituant (dans mon esprit) la densité qu’ils avaient, me semble-t-il, de Port-Royal à Montfort-l’Amaury et sur le chemin – si bref, si long – du retour.

Lors de notre première promenade d’Hossegor, sur la plage, je vous ai raconté les silences que j’aimais (les silences de la rue Vaugirard !), ce lent franchissement des frontières qui séparent les êtres. Eh bien, c’est un silence de cette sorte, plein et fort, que j’ai cru reconnaître et qui a donné à notre vendredi sa marque singulière.