Si la guerre me rappelait tous les jours qu’elle m’avait épargné, la moindre des politesses, c’était de pas me foutre de sa gueule, vu qu’elle s’était déjà payé la mienne.

Couverture Gueule d'amour

J’entends peu parler de ces gueules cassées de la Première Guerre mondiale, sujet douloureux et ô combien important. J’ai vu cette BD plusieurs fois à la bibliothèque avant de me décider à l’emprunter. Elle me permet en même temps de compléter la consigne « un livre dont la couverture est majoritairement violette » de Lire en couleurs (je ne vais pas pouvoir terminer Notre-Dame de Paris avant la fin du mois).

Gueule d’amour m’a remuée, je dois le dire. Les planches sont saisissantes, les mots aussi – tout comme l’Histoire. Le récit débute avec le défilé du 14 juillet 1919 et la mise en avant de ces soldats défigurés. Le narrateur, lui, n’apprécie pas. On le suit ensuite à travers l’après-guerre. La BD s’attarde notamment sur le rapport aux autres après cette épreuve, particulièrement sur les relations amoureuses.

J’ai souvent eu les larmes aux yeux au cours de ma lecture. L’horreur de la guerre se fait ressentir à travers chaque page, qu’il s’agisse de souvenirs du narrateur ou de son retour à la vie « normale » – mais existe-t-il réellement une vie normale après de tels événements ?

En plus du récit, un dossier glissé à la fin de la BD raconte, avec des mots simples, ce qu’il s’est réellement passé pour ces gueules cassées. Les photos qui l’accompagnent sont saisissantes. Le tout est accessible et instructif.

Je suis donc bien contente d’avoir emprunté Gueule d’amour. Ça n’a pas été une lecture simple, émotionnellement parlant, mais elle a été enrichissante et nécessaire, je crois.

96 pages. La boîte à bulles.

 

Lu dans le cadre de Lire en couleurs ; mois violet ; couverture majoritairement violette

cover lire en couleurs