Après une semaine de pause, je reviens avec un nouvel extrait, cette fois-ci de Et devant moi, le monde de Joyce Maynard.

Ce rendez-vous a été proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de donner une citation de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Le but est de découvrir ou de redécouvrir la plume de certains auteurs.

Couverture Et devant moi, le monde

Ma mère (désormais Fredelle, et non plus Freidele) avait dix-huit ans lorsqu’elle rencontra mon père à Winnipeg. Il la rebaptisa Fredelka et lui fit la cour. Mais ma mère était juive, pas lui. Ses parents l’avaient avertie qu’il était hors de question qu’elle épouse un gentil, et jusque-là elle ne leur avait jamais désobéi.

Nul doute que les traits de caractère qui faisaient de mon père un candidat inacceptable aux yeux de ses parents furent ceux-là mêmes qui l’attirèrent vers lui. Personnage mystérieux et inquiétant, cet homme qui se méfiait des conventions de toutes sortes était le plus romantique qu’elle ait jamais rencontré. Il lui fit découvrir l’art moderne et la musique classique. Toute sa vie elle avait été la fille idéale. Lui, le mauvais fils incarné. Elle en tomba éperdument amoureuse.

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