Biographie de Rudolf Brazda, supposé être le dernier survivant des triangles roses (on estime leur nombre à 10 000), déportés lors de la Seconde Guerre mondiale à cause de leur homosexualité.

Couverture Itinéraire d'un triangle rose

C’est à l’âge de 95 ans que Rudolf Brazda décide de témoigner publiquement, faisant de lui le dernier survivant connu déporté pour homosexualité. Dans cet ouvrage, Jean-Luc Schwab nous offre sa biographie ; celle-ci a permis de faire naître une belle amitié entre les deux hommes. Jean-Luc Schwab se sera occupé de Rudolf Brazda durant les dernières années de sa vie.

Le choix du mot « itinéraire » paraît étrange au premier abord, mais il est si vrai : Rudolf Brazda est passé de pays en pays, au gré des événements, pour décider de passer le reste de sa vie en France, suite à la libération du camp de Buchenwald. Jean-Luc Schwab ne se cantonne donc pas à cette période : il raconte brièvement l’enfance de Rudolf, puis ses diverses rencontres, emplois, incarcérations, jusqu’à son départ pour Buchenwald. Viennent ensuite une partie sur le camp, et une dernière sur l’après.

Cependant, il s’agit de bien plus qu’une biographie. Ne serait-ce que parce que Jean-Luc Schwab raconte également la vie d’amis de Rudolf. Encore plus parce que le récit est truffé d’informations historiques. Le tout peut donc sembler très factuel. J’ai d’ailleurs trouvé qu’il ne mettait qu’à de très rares moments l’accent sur l’émotion. Certains passages se révèlent donc plus complexes à lire (encore plus quand on ne parle pas allemand), mais sont d’une importance capitale.

Si j’ai choisi ce livre (merci à moi-même d’avoir créé Lire en couleurs, sans quoi je serais passée à côté dudit livre), c’est parce que je n’ai jamais entendu parler d’un autre livre concernant les triangles roses. Il existe de nombreux bouquins en tous genres sur la Seconde Guerre mondiale, mais je n’ai vu aucun titre faisant référence aux homosexuels déportés. Je suis donc bien contente d’être tombée dessus en cherchant un titre contenant le mot « rose ».

S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de Rudolf, ce serait son optimisme. C’était un battant, qui n’a jamais cessé de penser à l’avenir lors de situations compliquées. Il a toujours considéré que Dieu avait été bon avec lui (pour résumer, lors de son passage à Buchenwald, il a réussi à obtenir de meilleures conditions que d’autres, car il était couvreur et avait un bon contact avec son supérieur) et a déclaré : « Et si c’était à refaire, je n’y changerais rien, pas même mon passage à Buchenwald ! ». Phrase choc que l’on n’imaginerait pas sortir de la bouche de qui que ce soit. Peut-être parce qu’à Buchenwald, il a réussi à connaître la solidarité, parfois…

À travers ce témoignage, de nombreux sujets sont explorés : les techniques utilisées par la police pour trouver les homosexuels, la sexualité dans les camps, une petite comparaison avec aujourd’hui, etc.

Une lecture intéressante et instructive, la biographie d’un homme résolument humain, malgré le processus de déshumanisation enclenché par les nazis. Il y aurait tant à dire… le mieux reste de découvrir !

238 pages. J’ai lu.

Connaissez-vous d’autres ouvrages sur le même sujet ?

Lu dans le cadre de Lire en couleurs ; mois rose ; le titre comporte le mot « rose »cover lire en couleurs

 

Publicités