Premier Paul Auster. Ovni littéraire.

Couverture Le voyage d'Anna Blume / Au pays des choses dernières

Je cherchais un roman court. À travers les rayons de la bibliothèque, je suis tombée sur Paul Auster, que je souhaite lire depuis un moment. Je vois ce titre ; je me souviens qu’Édouard Philippe l’avait mentionné dans l’émission 21cm consacrée à Paul Auster. Je le prends.

Puis je constate que, dans Des hommes qui lisent, Édouard Philippe parle de ce roman, le décrivant comme étant crépusculaire. Il utilise cet adjectif pour plusieurs livres, d’ailleurs, mais, chaque fois, je ne comprenais pas exactement ce qu’il entend par là. Pour Le Voyage d’Anna Blume, j’ai (enfin) compris.

C’est en réalité une longue lettre que nous lisons, envoyée par Anna Blume à on ne sait qui. Celle-ci est partie sur les traces de son frère, disparu dans un pays étrange et inquiétant. Il s’agit du pays des « choses dernières », à en croire le titre anglais (In the Country of Last Things) et le titre choisi par certaines éditions (Au pays des choses dernières).

Je n’ai pas encore tout saisi. J’ai eu du mal à me plonger dans le bouquin, jusqu’au premier tiers. Je ne comprenais pas où voulait en venir l’auteur, et je crois que ça m’a freinée. J’ai donc décidé de me laisser porter, et là, ça a mieux fonctionné. 

Le pays que décrit Anna semble avoir vécu une catastrophe. On dirait un peu un monde post-apocalyptique, régi par de nouvelles règles, un nouveau fonctionnement général, mais souffrant toujours de certaines inégalités et de certains fléaux. Cependant, il semblerait que le reste du monde soit toujours le même, à en croire sa lettre. 

On se pose énormément de questions au fil de l’histoire, mais peu de réponses arrivent. Il faut compter avec l’incertitude. Elle est présente tout le long du récit. Impossible pour Anna de prévoir. Tout peut arriver à chaque instant. Ses aventures semblent irréelles et pourtant, difficile de ne pas s’imaginer que ça pourrait nous arriver aussi, et de se demander ce que l’on ferait à sa place. Impuissance ou optimisme ?

On ne sait rien du passé de ce pays, et c’est bien ce qui fait peur. Ce roman se présente un peu comme une dystopie dont on sait peu de choses. On ne suit qu’Anna, ses découvertes et ses rencontres. Alors que le pays semble marqué par un espoir anéanti, celle-ci tente de rester positive, de toujours trouver des solutions, ce qui n’est pas toujours évident. Même si elle craque parfois, elle continue de se battre. J’ai adoré son personnage. Il y a malheureusement des choses que je ne peux pas dire, sous peine de vous révéler des éléments importants de l’histoire. Alors, qu’attendez-vous pour le lire, que l’on puisse en discuter ? 😉

À lire si vous cherchez un roman sombre, un personnage fort, intéressant, capable d’introspection. À éviter en cas de déprime, peut-être. Parce qu’on se pose vite des questions existentielles à la lecture de ces pages ; des questions qui font parfois bien peur. Sur le monde, les relations humaines, notre fonctionnement…

202 pages. Éditions Actes Sud.

Lu dans le cadre de Lire en couleurs ; mois rose ; titre écrit en rosecover lire en couleurs

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