Après une pause la semaine dernière, je reviens avec un extrait du Voyage d’Anna Blume de Paul Auster.

Ce rendez-vous a été proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de donner une citation de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Le but est de découvrir ou de redécouvrir la plume de certains auteurs.

Couverture Le voyage d'Anna Blume / Au pays des choses dernières

Pendant les premières semaines, c’est la pluie que j’ai redoutée plus que tout. Même le froid est une broutille en comparaison. Contre lui, il suffit d’avoir un manteau bien chaud (c’était mon cas) et de se déplacer d’un pas alerte pour que le sang continue à circuler rapidement. J’ai aussi découvert les avantages qu’on pouvait tirer des journaux, car ils constituent certainement le meilleur et le moins cher des matériaux pour isoler les vêtements. Les jours de froid, il faut se lever très tôt pour être sûr d’être bien placé dans les queues qui se forment devant les kiosques. On doit évaluer judicieusement l’attente, car il n’y a rien de pire que de faire le pied de grue trop longtemps dans l’air glacé du matin. Si on estime qu’on va rester là plus de vingt ou vingt-cinq minutes, il vaut mieux, selon la sagesse commune, s’en aller et laisser tomber.

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