Il y a encore quelques mois, il m’aurait été impossible de me séparer de mes livres ; j’y suis très attachée, ils font presque partie de moi. Du moins, je crois qu’en observant ma bibliothèque, on peut en apprendre plus sur moi. Mes livres ont donc une importance capitale et je préfère les acheter que les emprunter, mais les moyens ne suivent pas forcément (mais ça, c’est un autre sujet). Pourtant, ces derniers temps, j’ai quelque peu changé d’avis. Explications.

Le vrai miroir d’un lecteur est sa bibliothèque. On y retrouve, en un instant, tout son esprit et toute son âme.

J’ai longtemps médité sur cette citation d’Édouard Philippe dans Des hommes qui lisent. Je n’avais jamais vu les choses de cette manière. J’ai commencé à me dire que c’était vrai : les livres qui sont dans ma bibliothèque me représentent – et tout particulièrement ceux déjà lus. Ils peuvent représenter mes goûts en terme de lecture, tout simplement, mais aussi ma personnalité, mes valeurs, aspirations, etc.

Je vous l’ai dit, autrefois, je gardais tous mes livres, même si je ne les avais pas du tout aimés. Et cette citation a changé ma façon de voir les choses. J’ai commencé à me demander ce que chaque livre (ou presque) pouvait bien révéler sur moi. Puis, plus généralement, je me suis demandé ce que ces livres représentaient pour moi.

Et là, j’ai réalisé que certaines de mes lectures ne me correspondaient pas du tout. Qu’elles n’étaient pas très représentatives de ma personnalité, ni même de mes goûts littéraires. Je me suis dit que si quelqu’un voyait uniquement ces livres dans ma bibliothèque, tout ce qu’il pourrait s’imaginer sur moi serait probablement faux. Alors, pourquoi conserver ces livres auprès de moi ? 

Dans les faits, cela ne me dérangerait pas tant que ça, puisque j’ai toujours gardé tous mes livres. Il ne s’agit pas non plus de vouloir limiter le nombre de livres possédés, comme certains le font, soit par manque de place, soit par conviction. Avoir 1000 livres ne me déplairait pas du tout, et j’arriverais toujours à trouver une petite place pour eux (je suis loin du compte…). 

Simplement, je me rends compte que, quand je regarde ma bibliothèque (maintenant démembrée, puisqu’une partie est chez mes parents, l’autre dans mon studio), j’ai envie que chaque livre présent ait une signification. Les livres lus, principalement. 

Alors j’ai fait un tri.

Ça n’a pas été facile ; je n’y étais pas habituée, et puis mon esprit continuait de dire « mais qu’est-ce que ça peut bien faire si tu gardes tous tes livres ? ». J’ai tenu bon. Pour faire le tri, je me suis simplement posé quelques questions.

– Est-ce que j’ai aimé ce livre ?

Si ma lecture a été désagréable ou si je l’ai abandonnée (et que je ne souhaite pas lui laisser de seconde chance), je ne garde pas. Je me dis que quelqu’un d’autre appréciera ce livre bien plus que moi !

– Est-ce que j’ai l’intention de le relire ?

Si je n’ai pas tellement aimé le livre, mais que je souhaite retenter la lecture plus tard, je garde. Ça m’est arrivé plusieurs fois de ne pas particulièrement apprécier une lecture, mais de sentir qu’il fallait que je retente plus tard. Il y a aussi certains livres que je n’ai pas détestés, mais que je sais que je ne relirai pas (ou que j’ai déjà lu deux fois), ceux-là rejoindront d’autres lecteurs également.

– Est-ce que ce livre me correspond, correspond à mes valeurs ?

Il y a des livres que je n’ai pas trouvé désagréables à lire, que je ne pense pas relire, mais que j’aurais gardés. Cependant, le traitement des thèmes ne me convient pas. Je pense notamment à Calendar Girl, sympa au début (lorsqu’on sait que c’est irréaliste), mais avec des petites phrases problématiques pour moi. Il y a aussi J’aurais préféré vivre de Thierry Cohen, dont certains aspects m’avaient plu, mais qui, globalement, semblait donner un message à l’inverse de mes valeurs. Ces livres-là ne me représentent pas, et je préfère leur laisser la chance de rencontrer un autre lecteur. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire mon article 10 livres/sagas que je ne garderai pas.

Pour faire simple, dès que j’ai un doute, je garde. Il sera toujours temps de s’en séparer plus tard.

 

Je pense qu’il y a ensuite une part de feeling. On sent si on a envie de garder tel livre ou pas. Je conserve certains livres maintenant, mais rien ne dit que je ne déciderai pas plus tard de les donner… 

Les donner. C’est la deuxième partie. Les livres qu’on ne garde pas, qu’en fait-on ? Les vendre, les donner ? Comment, à qui ?

En me demandant d’abord comment j’allais les vendre (pour avoir un peu de sous), j’en suis venue à la conclusion que les donner serait beaucoup plus simple et bien plus intéressants. Ça correspond mieux à mes idées. Pour vendre, il faudrait que je fasse de la pub, puis que je mette un prix faible, mais qui pourrait vite être augmenté à cause des frais de port, ce qui risquerait de devenir compliqué, etc. Bref, la personne a aussi vite fait de trouver le livre à la bibliothèque près de chez elle, ou d’attendre un peu avant de l’acheter.

Budget serré oblige, je n’ai pas tellement d’argent pour m’acheter de livres. Et je ne suis certainement pas la seule dans ce cas. Et pourtant, quand on aime lire à ce point, on serait presque prêt à réduire sa portion de nourriture pour acheter des livres. Et puis, je me suis souvenue que j’allais partir au Havre (où je suis, c’est-à-dire au paradis) et qu’au Havre, il y avait (comme dans pleins d’autres villes) des boîtes à livres, appelées « Livres nomades ». Et au Havre, il y en a dix mille. J’exagère un peu, mais vous voyez l’idée ; il y en a beaucoup. 

Les boîtes à livres, c’est super. La possibilité de ramener un ou des livres chez soi, de les reposer dans la boîte ensuite, ou de les garder. C’est aussi une grande surprise, puisqu’on ne sait jamais quels trésors s’y cacheront

 

Même si j’ai choisi de me séparer de certains livres, j’ai tout de même un pincement au cœur en me disant que je ne les aurai plus près de moi. Mais ce sont des livres que je pourrai toujours emprunter en bibliothèque (là encore, au Havre, on a le choix en terme de bibliothèque et de relais lecture 😉 ) si l’envie me prend de les relire, ou de continuer certaines sagas. 

Et vous, gardez-vous tous vos livres ? Si non, comment faites-vous vos choix ? Est-ce que vous vendez, donnez, ou les deux ? 

 

 

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