Un premier roman prometteur et percutant.

Couverture Trancher

D’une construction particulière – la narration se fait à la deuxième personne -, Trancher s’attache à décrire précisément toutes les pensées qui peuvent traverser l’esprit d’une femme qui reçoit des insultes de la part de son mari. Cette narration en tu est particulièrement puissante : on pourrait penser que le tu, c’est le lecteur. Cette impression est renforcée par le fait que la protagoniste n’est pas nommée. On entre ainsi en immersion dans la tête de cette dernière, rendant les propos de son mari encore plus horribles à lire et à supporter.

Et se mettre à la place de cette femme (et, en quelque sorte, de toutes celles dans la même situation) est déchirant. Les mots sont souvent durs, à la fois dans les dialogues et dans la narration. Se glisse néanmoins un peu de poésie à travers les pages, comme pour mettre en lumière toute la dualité de la situation.

Car la protagoniste hésite entre partir et rester. Partir, parce qu’elle ne peut plus supporter ces insultes qui arrivent sans prévenir. Rester, parce que son mari fait des efforts visibles pour s’améliorer. Quid des enfants, qui ont besoin de leurs deux parents ? La narratrice s’interroge, le lecteur aussi. On croit toujours savoir ce que l’on ferait à l’avance, alors que la réalité est souvent loin d’être aussi simple.

Il ne faut pas très longtemps pour lire ce roman. Et il ne faut pas longtemps non plus pour que les mots s’insinuent en nous et nous marquent. Pour que le dégoût de la violence verbale lue se ressente physiquement. Pour que l’envie de faire quelque chose envahisse notre esprit. Sauver un personnage est assez difficile, j’en conviens. Mais aider ces femmes (et ces hommes, je ne les oublie pas) est essentiel et pourtant, je me sens impuissante. Que faire, quelle(s) action(s) mener, pour réellement avoir un impact ?

161 pages. Flammarion.

Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour cette lecture !

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