Sophie est perdue… et je dois dire que moi aussi…

Perdue dans la vallée par Vinandy-Schmit

Je m’appelle Sophie. Je collectionne les histoires en tous genres : les histoires gaies et les histoires tristes, les histoires simples et les histoires compliquées… Je m’assois toujours sur ce banc vert. Je serais heureuse de lire votre histoire.

Sophie, dix-neuf ans, vient de terminer ses études secondaires. La suite ? Elle ne la connaît pas. Elle ne sait pas quoi faire, elle a le vague à l’âme. Elle erre dans la vallée, se réfugie sur un banc, toujours le même, et essaie d’entrer en contact avec les gens à l’aide de ses écrits. 

Sur le papier, Perdue dans la vallée avait tout pour me plaire. À commencer par Sophie, notre protagoniste. Les personnages perdus et brisés sont importants pour moi. Je me suis reconnue en Sophie, de par sa façon d’errer, de ne pas savoir quoi faire… Mais je ne me suis pas vraiment attachée à elle. Je ne comprenais pas toujours ses rêves et hallucinations et, surtout, le roman manque, selon moi, d’émotions. Peu de passages m’ont fait ressentir quoi que ce soit. 

Malgré le nombre restreint de pages, il ne se passe pas grand-chose dans le roman. Étant donné le manque d’émotions, j’aurais aimé que cela soit compensé par quelque chose… Peu de révélations sont faites, même si quelques événements de la vie de Sophie sont racontés, nous permettant de mieux la comprendre et de nous questionner. Effectivement, une question posée par ce roman concerne le lien entre passé et présent. Plus précisément encore : souffrons-nous du passé de nos ancêtres, de nos parents ? Allons-nous reproduire certains passages de leur vie ? Je trouve ce sujet très intéressant. Il n’est pas plus exploité que cela dans le livre, mais les questions sont bonnes. 

Malheureusement, le thème de la souffrance, s’il est bien décrit, n’est pas assez approfondi, à mon sens. J’aurais aimé voir Sophie s’en sortir, et connaître son cheminement. À la place, j’ai l’impression de lire son présent, puis d’avoir à peine deux pages sur la suite de son histoire, comme s’il fallait vite pouvoir mettre le mot «fin» au roman. C’est dommage, car certains passages sont beaux, tant par la plume que par la symbolique des événements et découvertes. 

Perdue dans la vallée contient aussi quelques illustrations d’Hermann Fuchs en noir et blanc, dont une m’a beaucoup plu. Un dessin qui semble brouillon mais qui, pour moi, veut dire énormément de choses. 

Je ressors donc déçue de ma lecture qui était pourtant fluide et rapide… mais il me manque trop de choses pour pouvoir apprécier pleinement ce livre. Espérons qu’il trouve tout de même son lectorat ! 

Un grand merci à Babelio et à Kremart Edition pour la découverte de Perdue dans la vallée.

117 pages. Kremart Edition. Kanephora (collection).

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