Merci aux Éditions Petit à Petit pour l’envoi de ce petit roman, remporté lors de la Masse critique Babelio. 

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Passons aux choses sérieuses : Ce livre est d’utilité publique !!! (Non, je ne pèse pas mes mots.) Je développerai mes propos dans une seconde partie, parce qu’il faudra que je révèle l’intrigue et d’autres éléments pour le faire. (Sachant que le « spoiler » principal est dévoilé dès le début du roman, mais pas précisé dans le résumé de l’éditeur)

Clémentine, 11 ans, raconte son histoire. Sa famille, ses amis, l’école… et le traumatisme vécu à la sortie du collège, un lundi soir. Avec le langage adapté à cet âge (Bien que Clémentine ait parfois l’air plus âgé), Sophie Knapp décrit les émotions et réactions de Clémentine à la perfection. En plus, la protagoniste étant une jeune fille tout à fait « normale » (je mets entre guillemets, parce que je n’aime pas particulièrement ce mot), chaque enfant pourra se retrouver en elle, au moins en partie. En un mot, Clémentine est attachante.

Un livre à mettre entre les mains des jeunes à partir de 11 ans. À mettre aussi dans les mains des adultes, que ce soient les parents ou les enseignants. D’ailleurs, je crois que je ferais lire ce court roman à mes élèves si j’étais professeure. La camionnette blanche a un tel intérêt que je me vois mal en critiquer la forme. Je vais donc maintenant passer à la partie « avec spoilers » pour ceux qui souhaitent en savoir plus ! Pour les autres, n’hésitez pas à me dire si ce livre vous fait envie ! 

77 pages. Éditions Petit à Petit.

 

Le « spoiler » majeur constitue le début du roman. En rentrant à la maison à la fin de sa journée de cours, Clémentine croise une camionnette blanche dans une rue déserte. Un homme l’appelle, il est dans la camionnette. Clémentine verra ce qu’elle ne veut pas voir. Il s’agit d’un exhibitionniste. Mot qu’elle ne connaît pas – pas encore. 

En choisissant le thème de l’exhibitionnisme, et non du viol ou de l’attouchement, Sophie Knapp prend un risque. Parce que dans la société actuelle, nombreux sont ceux qui répondraient « Bah c’est pas si grave que ça » ou pire encore : « Elle en verra d’autres ». Parce que tant que ta douleur ne se ressent pas physiquement, ou qu’elle ne se voit pas, ça va, c’est pas grave, arrête de te plaindre. 

ET ÇA SUFFIT !!!

Un traumatisme, c’est un traumatisme. Un peu d’empathie, ça ne fait pas de mal. Tu aurais réagi autrement ? Tant mieux (ou tant pis) pour toi ! (Je m’emporte, je m’excuse. Ou pas.) Sophie Knapp, de par le réalisme des réactions de Clémentine, tente de faire changer les choses. De faire comprendre qu’il ne faut jamais minimiser. Je suis reconnaissante envers l’auteure de faire comprendre cela. J’ai moi-même subi des abus sexuels, et un jour, quelqu’un m’a dit que ce n’était pas si grave, puisque ce n’était pas un viol. Alors je me retrouve dans tout ce que raconte Clémentine : la peur, la honte, l’angoisse, l’incapacité à parler, etc. Et encore aujourd’hui, il m’est très difficile d’en parler. 

Clémentine, c’est, hormis une expérience différente, un peu moi à 11 ans. Sûrement pour ça que ce roman m’a touchée. Peut-être y suis-je trop sensible. Peut-être que certains continueraient à penser que voir un exhibitionniste, ce n’est pas un traumatisme, même à 11 ans, que ça fait partie de la vie.

Et Sophie Knapp explique les choses, de façon pédagogique, simple, sans exagération, sans emportement (moins que moi, en tout cas). Et sans minimiser (je sais, je me répète, c’est fait exprès, bien que je pense que ce n’est pas auprès de mes lecteurs que j’ai besoin d’insister).

Un sujet difficile, qui sert à faire reconnaître les victimes, qui peut aider les plus jeunes à comprendre et accepter leur(s) souffrance(s) et leur faire comprendre que certaines personnes les écouteront, les comprendront. Je le redis, ce livre est à mettre entre TOUTES les mains. Des enfants, comme des adultes. Parce que si tu penses avoir la même réaction que la maman de Clémentine quand elle apprend ce qu’il s’est passé, il faut peut-être que tu te poses des questions. 

 

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