Un livre pour les hypersensibles. À la fois roman et guide, un outil pour mieux apprivoiser sa sensibilité et se comprendre.

Couverture A fleur de peau

Je crois qu’il ne faut pas envisager la lecture d’À fleur de peau comme un simple roman. Vous risqueriez d’être déçu. Encore plus si vous n’êtes pas hypersensible, ou que vous ne vous intéressez pas au sujet un minimum. Quelque part, il faut avoir une bonne raison de le lire. Ça semble bizarre, mais je le ressens comme ça. 

En tant que roman, À fleur de peau semblera convenu, prévisible et ne plaira qu’aux fans de romans feel-good. Sa réelle plus-value, c’est de vouloir aider les hypersensibles comme Flora, le personnage principal.

C’est une maman comblée, épouse d’un homme qui semble réussir sa vie. Elle-même travaille dans ce qu’elle aime. Pourtant, quelque chose ne va pas. Sa rencontre avec Marc, professeur de yoga, va lui permettre de mettre le doigt sur ses problèmes. Flora plaira aux lecteurs qui lui ressemblent et à ceux qui les apprécient particulièrement. On en revient toujours au même, il faut être hypersensible ou s’intéresser au sujet pour être…sensible à l’histoire, justement. 

Point de gros rebondissements, car ils sont attendus. J’ai parfois été surprise (voire déçue) de la tournure de certains événements, de leur déclenchement, mais au fil de l’histoire, on se doute bien de ce qu’il va se passer ensuite.

Il faut savoir passer outre ce point pour apprécier sa lecture. Passer outre l’écriture également qui, bien qu’elle soit parfois jolie et poétique, est un peu scolaire (je vous le disais déjà en vous livrant mes premières impressions) et hachée, par moment. 

La vraie ressource, ce sont les conseils distillés ça et là à travers le récit. Ceux qui aident Flora à se comprendre et à prendre de meilleures décisions. Ils sont répertoriés à la fin du livre, chapitre par chapitre. Comme un petit guide. Ce sont des suggestions, afin que chacun trouve la méthode qui lui permettra de s’épanouir. Parce que chacun est différent, et que ça aussi, c’est expliqué.

Loin des modes qui passent, tout ce qui est présenté, à travers le personnage de Marc, notamment, n’est que suggéré, proposé. Je ne sais pas vous, mais j’ai souvent l’impression que les tendances sont présentées comme « ce qu’il y a de mieux ». On serait tenté de croire qu’on n’est pas une bonne personne si on n’est pas minimaliste, par exemple. Dans À fleur de peau, on vous fait bien comprendre que vous faites ce que VOUS voulez. Vous regardez, on vous explique, si ça vous plaît, vous testez, si ça vous convient, vous continuez, sinon, vous arrêtez. Aussi simple que ça ! Chacun sa vie, chacun ses techniques pour se sentir bien. Et dans un monde où on veut parfois nous imposer les croyances et les besoins des autres, ça fait du bien ! Je me méfie souvent des livres de développement personnel, du ton de certains auteurs qui, parce que quelque chose a marché pour eux, vous expliquent que vous devriez le faire aussi, parce que ça va forcément marcher pour vous ! Or, ce n’est pas toujours comme ça que ça fonctionne…

Je n’ai donc pas particulièrement été charmée par l’histoire, même si, par certains côtés, elle fait du bien. J’ai beaucoup aimé Flora, à qui je ressemble beaucoup malgré une vie complètement différente. Mais le plus important pour moi, ce sont ces petites actions, ces pistes de réflexion proposées, à tester selon l’inspiration. Je ne sais pas si ce livre donne réellement envie « à ceux qui ne le sont pas hypersensibles de le devenir », comme écrit sur le roman, mais c’est en tout cas une piste à explorer pour mieux accepter son hypersensibilité. Pour mieux s’apprécier. 

Êtes-vous hypersensibles ? Connaissez-vous d’autres livres (romans ou pas) sur ce sujet ?

222 pages. Éditions Leduc.S

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