Ou comment une rencontre hasardeuse se transforme en coup de cœur ! 

Couverture Sauf quand on les aime

Il y a Juliette, écrivain hypersensible. Il y a Kader, amoureux transi de Juliette, travailleur acharné. Il y a finalement Claire, accompagnée de son violoncelle. Ils vivent ensemble, en colocation. Ils pansent leurs blessures ensemble. Puis arrive Tisha et son indépendance, sa liberté. Arrive aussi la brutalité du monde qui les entoure.

Un livre trouvé en librairie, au hasard des rayons. Un titre attirant, un résumé plutôt alléchant. On me parlait d’âmes fêlées. Ça, c’est mon truc. Je l’ai adopté, puis l’ai lu. Au début, c’était sympa, sans plus… Et puis boum, explosion d’émotions !

Revenons au début. Je trouvais simplement que l’histoire était sympa, mais méritait d’être étoffée. Je n’aimais pas beaucoup Kader, j’aimais bien Claire, Tisha était relativement inspirante, bien qu’opposée à moi et je me reconnaissais beaucoup en Juliette. Et plus le temps passait, plus je m’attachais à tous les personnages, même si je crois qu’on aurait pu s’attarder un peu plus sur l’histoire de chacun d’entre eux. Car ils ont tous une âme fêlée, mais parfois, je ne comprenais pas bien où était la fêlure. Mais chaque personnage ayant sa propre personnalité, ses opinions, vous en trouverez forcément un qui vous ressemble. 

J’ai décelé une part féministe aussi dans ce roman. Les toutes premières pages décrivent une scène d’harcèlement sexuel, sujet plus que jamais d’actualité. Elles démontrent aussi les réactions des gens autour. Ceux qui font quelque chose, ceux qui ne font rien. La honte de n’avoir rien fait, par peur. Le poids de la culpabilité. Si j’avais réagi, que se serait-il passé ? Puisque je n’ai rien fait, suis-je également coupable ? Complexes questions, auxquelles il est difficile d’apporter des réponses claires. 

Culpabilité présente chez plusieurs personnages, pour de nombreuses raisons. Un sentiment parfaitement décrit par Frédérique Martin. Culpabilité qui empêche nos ailes de pousser. Culpabilité qui nous rattrape sans crier gare. 

Sauf quand on les aime met en avant la brutalité et l’injustice de la vie. Certains passages sont durs, mais essentiels. Les mots choisis décrivent l’action. Certains mots, plus « barbares », ne sont jamais couchés sur le papier, mais tout est fait pour que le lecteur comprenne de quoi on lui parle. Malgré tout, en lisant, j’ai eu l’impression de recevoir des coups de poing. Parce que les événements me touchaient. Parce que je ressentais les émotions des personnages. Leur tristesse, leur colère, leurs petites victoires semblaient être miennes. 

C’est réellement vers la seconde moitié que tout s’enchaîne. Comme un long début et une courte fin. Ça m’a quelque peu déstabilisée, mais je sais aujourd’hui que je ne me trompe pas lorsque j’affirme qu’il s’agit d’un coup de cœur. Parce que quand tu ne peux pas dormir après avoir terminé un roman, tu sais qu’il s’est passé un truc… C’est parfois inexplicable, comme un coup de foudre. Et dire que tout ça est dû au hasard, et à rien d’autre.

On parle souvent des lectures découvertes grâce aux blogs, aux réseaux sociaux, aux conseils de telle ou telle personne… mais finalement, est-ce que ce n’est pas magique de découvrir un livre soi-même ? Je veux dire, un livre que tu n’as jamais vu. Tu entres dans la librairie, et tu le vois, juste là, il te tend les bras. C’est un peu ce qu’il s’est passé avec Sauf quand on les aime, courte lecture que je ne saurais trop recommander. Ça ne plaira pas forcément à tout le monde (mais c’est pareil pour tous les livres), mais il mérite plus de succès ! 

Tu veux des personnages abîmés, que l’auteur n’épargne pas ? Tu veux un portrait réaliste de la vie, de sa dureté, de son injustice ? Un peu de féminisme (grâce, notamment, à Tisha) ? N’hésite plus ! 

Si tu veux aussi de l’entraide, de l’amour, de beaux moments, alors c’est encore mieux ! Tout n’est pas sombre dans cette histoire. À travers nos quatre personnages, ainsi que leur voisin, c’est la vie que Frédérique Martin nous raconte. Rien de plus, rien de moins. 

Vous aimez ces romans où l’injustice de la vie est présentée ? Les personnages abîmés ? Quels livres découverts au hasard ont été vos coups de cœur ?

192 pages. Éditions Pocket.

 

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