Trop de bruit pour rien ? Ou le coup de cœur général a-t-il fait des ravages chez moi également ? Je vous dis tout ! 

Couverture La tresse

Trois histoires qui s’entremêlent pour former une tresse. Trois histoires sur des femmes. Trois femmes de continents et cultures totalement différents. Avec un point commun : le courage. Le courage de se battre contre les drames imprévus de la vie. 

Il y a Smita, en Inde. C’est une Intouchable. Comme une plaie pour les autres, si vous voulez. Mais elle veut une autre vie pour sa fille. 

Il y a aussi Giulia, en Sicile. Elle travaille dans l’entreprise de son père, qui a un accident. Elle découvre alors que l’entreprise est au bord de la faillite.

Et puis il y a Sara, au Canada. Working-girl qui contrôle tout. Sauf la maladie qui s’installe…

Des femmes auxquelles je me suis attachée. Surtout à Smita et à Sara. J’ai trouvé que le personnage de Giulia aurait pu être un peu plus approfondi. Certes, il y a certains clichés, notamment concernant Sara, ce qui a semblé gêner quelques lecteurs, qui n’ont pas pu s’attacher à cette working-girl d’apparence froide. Mais si on creuse un peu plus loin, on se rend compte que des femmes comme elle existent vraiment. Aussi, que la maladie rend Sara plus vulnérable et qu’elle nous fait découvrir d’autres facettes de sa personnalité. Ne jamais juger au premier regard… Et puis, avouons-le : il y a une hiérarchie dans les conditions de vie de ces trois femmes, alors nous tendons à nous attacher plus à Smita, qui vit dans des conditions déplorables à cause de sa caste. Mais je crois justement que Laetitia Colombani nous permet de relativiser.

Car selon notre notre milieu, notre culture, notre éducation, notre pays, voire continent, nous n’avons pas les mêmes problèmes. Mais des épreuves restent des épreuves.  Peu importe le degré de gravité et d’importance qu’on leur accorde. Pourquoi vouloir constamment comparer ? Pour se rassurer et/ou s’apitoyer ? Est-ce que c’est utile ? Pour ma part, j’ai donc apprécié ma rencontre avec ces trois femmes, si différentes, mais unies par un lien invisible. 

Les histoires, si on les isole les unes des autres, sont plutôt courtes, et je pense que l’auteure aurait pu rentrer dans les détails, étoffer un peu son récit. Mais globalement, il y a un bon rythme, des chapitres courts, alternant entre la vie de Smita, de Giulia et de Sara. 

Il y en a pour tous les goûts ! Amour, famille, travail, maladie, chaque lecteur trouvera un thème qui lui conviendra ! De mon côté, j’ai aimé découvrir l’histoire de Smita, des Intouchables. Je ne savais rien à ce sujet et, bien que certains passages soient assez durs à lire, émotionnellement parlant, je suis bien contente d’avoir appris ces nouvelles choses. Rien que pour ça, c’est un roman à lire ! Smita, elle mérite même un roman à elle seule ! 

J’ai aimé l’écriture de Laetitia Colombani également, pleine d’images. C’est une écriture fluide, contemporaine, parfois poétique, avec de courts paragraphes et de belles réflexions. Il s’agit de son premier roman, si je ne me trompe pas, et je serais ravie de retrouver sa plume pour d’autres aventures ! À noter : il n’y a pas de réels dialogues dans ce roman. 

Au final, si La Tresse n’a pas été un coup de cœur, j’ai tout de même passé un très bon moment en compagnie de ce roman ! La bibliothécaire m’a conseillé Le début des haricots de Fanny Gayral pour faire suite. Vous connaissez ?

Avez-vous aimé La Tresse ? Avez-vous été déçus ?

224 pages. Éditions Grasset.

 

 

 

Publicités