Un classique du XIXe siècle poignant et féroce. Ce n’est pas la passion promise qui m’a marquée, mais plutôt les personnages cruels qui peuplent ces pages. 

Couverture Les hauts de Hurle-Vent / Les hauts de Hurlevent / Hurlevent / Hurlevent des morts / Hurlemont

Lorsque M. Lockwood s’installe à La Grange, il ne s’attend certainement pas à y découvrir une fresque familiale aussi incroyable et horripilante. Nelly, sorte de gouvernante, lui raconte l’histoire de la famille qui habite les Hauts de Hurlevent, dont le propriétaire est aussi celui de La Grange, louée par M. Lockwood. Autrefois, Mr. Earnshaw, père d’Hindley et de Catherine, ramena un bohémien, Heathcliff, à la maison. Ce dernier reçut un accueil plutôt froid, mais au fil du temps, la passion amoureuse le rapprocha de Catherine. Voilà le fil conducteur. 

Le problème ? Cette passion n’est pas particulièrement viable, et lorsque Hindley devient maître de la maison, Heathcliff est chassé, et ses bêtises d’enfant se transforment en véritable cruauté. Sa vengeance, il la veut, à n’importe quel prix. Le malheur s’étend jusqu’à la génération suivante. 

Un bien sombre tableau que j’aurai mis beaucoup de temps à lire. Au début, j’accrochais moyennement, bien que l’écriture me ravissait. Au fil des mots, je me suis embarquée dans l’histoire, à un point tel que j’avais envie d’entrer dans le livre pour en chasser les plus mauvais. 

Et des mauvais, il y en a ! La cruauté est présente chez tous les personnages, à divers niveaux. Les défauts sont exacerbés et nous renvoient aux nôtres. Horrifiée par certains comportements, j’ai souvent pensé : « le pire, c’est que des gens comme ça existent réellement ». Les Hauts de Hurlevent, oeuvre de fiction, démontre pourtant la réalité. On a beau être au XXIe siècle, la méchanceté, la vengeance, la cruauté (parce que c’est réellement le premier mot qui me vient à l’esprit pour résumer ce roman) sont toujours aussi présentes (voire plus).

Difficile donc de s’attacher aux personnages, tant ils font horreur ! Et surtout, parce qu’on a peur de reconnaître certains traits de personnalité présents chez nous. Cependant, j’ai eu, vers la fin, je l’admets, un petit coup de cœur pour Hareton, le fils d’Hindley, insulté et humilié parce qu’il n’arrivait pas à lire correctement, alors qu’il faisait TOUS les efforts possibles pour apprendre. (Encore une fois, ce genre de situation arrive-t-elle encore aujourd’hui ? Est-ce qu’un adulte analphabète subirait moqueries et intimidation, en 2017 ?)

L’envie de connaître la suite prend cependant rapidement le dessus, et je me suis surprise à espérer que les gentils les moins méchants s’en sortent sans trop de dégâts. Les événements s’enchaînent, ni trop lentement, ni trop vite, parfois surprenants. Parce qu’à un moment, tu te dis que c’est impossible de faire pire, plus cruel. Mais tu te trompes, PIRE, ça existe ! 

Au final, moi qui m’attendais à une romance, j’ai trouvé que la passion amoureuse, bien que présente, n’était pas si développée. Peut-être ai-je eu cette impression à cause de mes attentes ? J’ai lu une histoire bien plus complexe et complète, abordant de nombreux sujets, et c’est tant mieux ! 

Dans la présente édition, à noter qu’il vaut mieux ne pas lire la préface, qui révèle trop de détails. Il y a aussi un arbre généalogique, à ne pas trop regarder au début du livre, mais bien utile en avançant dans la lecture, car il y a pas mal de personnages, et que ça m’aidait parfois à me souvenir des liens qui les unissaient. 

La narration est assez particulière, en ceci qu’elle permet à plusieurs personnages d’intervenir. En effet, le narrateur est Mr. Lockwood, mais lorsque Nelly raconte l’histoire, nous ne connaissons pas le point de vue du premier. Même chose lorsque, à l’intérieur du récit de Nelly, un autre personnage intervient, par exemple, quelqu’un qui lui raconte un événement. Ça peut sembler déroutant, mais, au final, j’ai trouvé ça plutôt intéressant. 

En conclusion, je suis bien contente d’avoir lu Les Hauts de Hurlevent. Principalement grâce aux personnages si particuliers créés par Emily Brontë. Et quand on sait que l’auteure vivait complètement recluse, on apprécie encore plus le pouvoir de l’imagination ! 

Que pensez-vous de ce classique ? Avez-vous envie de le lire ? Pour ceux qui l’ont lu, quels sont les personnages que vous avez préférés ? 

392 pages. Éditions Le livre de poche (Les classiques de poche)

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