Retournement de cerveau garanti. Vos préjugés seront mis à mal. 

Couverture Betty

À quoi vous attendre ? À plonger dans la tête d’un narrateur (qui ne nous donne pas son nom) en détention provisoire, qui nous raconte sa vie en prison, ses interrogatoires, ainsi que ses souvenirs, depuis sa rencontre avec Betty, le personnage qui donne son nom au roman.

Le résumé nous dit clairement pourquoi ce narrateur a été arrêté, mais il me semble que dans le livre, ce n’est pas indiqué au départ. Je fais donc le choix de ne pas vous indiquer de quoi il s’agit exactement. Deux options : vous faites vos recherches, ou vous lisez le livre sans savoir de quoi il en retourne 😉 Que choisissez-vous ?

Je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce livre, qui m’avait été recommandé par plusieurs il y a plus d’un an. À cette époque, je venais de terminer La femme en vert du même auteur, que j’avais apprécié, mais sans plus. Betty aura été une bonne lecture, que je recommande à ceux qui aiment se faire retourner le cerveau.

La première moitié m’ennuyait, je trouvais le temps long, j’avais presque envie d’abandonner ma lecture, que je croyais bien trop prévisible. J’avais l’impression d’avoir tout compris depuis le début, mais une petite voix me poussait à continuer et me disait : « Il faut bien que ça soit plus compliqué que ça…« . Réponse : ce n’est pas beaucoup plus compliqué, non. Mais Indridason sait comment te faire perdre pied. Comment détruire tes préjugés les plus enfouis, ceux dont tu n’as aucune conscience. De ce côté-là, c’est un coup de maître de la part de l’auteur. Et le reste paraît plus attrayant, bien qu’on se doute de quelques éléments. J’ai aussi aimé la toute fin, qui paraît être la suite logique de tous les événements, bien qu’elle soit synonyme d’injustice.

Est-ce qu’on s’attache au narrateur ? De mon côté, la réponse est : moyennement. Par contre, il nous fait philosopher. Que sommes-nous capables de faire par amour ? Où la culpabilité s’arrête-t-elle ? La pensée fait-elle de nous des coupables ? À vous de vous faire votre propre opinion sur ces sujets. (D’ailleurs, si l’envie vous prend, n’hésitez pas à donner vos réponses en commentaire !) 

Betty, de son côté, m’a fait penser à Daisy, dans Gatsby Le Magnifiqueen plus diabolique. Betty, c’est une grande séductrice, calculatrice, qui vit avec passion et supporte peu la frustration. Le monde tourne un peu autour d’elle, et le narrateur est d’ailleurs subjugué par sa beauté dès le départ. Leur histoire est folle, passionnelle, adultère, aussi. Betty, c’est un personnage majestueusement construit, brillant par sa complexité et par son assurance. 

Le style m’a laissée perplexe. Je n’ai pas particulièrement accroché avec l’écriture en elle-même (ou le style de la traduction, mais comme il est censé être proche de la version originale…). Je n’ai pourtant pas pu beaucoup sanctionner, car là encore, je lève mon chapeau à Arnaldur Indridason. Et ce, même si je ne possède pas de chapeau. Il a dû travailler comme un fou pour produire l’effet voulu. Mais chut ! j’arrête de parler (enfin d’écrire), avant de tout vous dévoiler ! 

Il ne me reste plus qu’à vous conseiller ce livre s’il vous intrigue, si vous avez envie d’avoir le cerveau retourné, si vous voulez voir la passion destructrice à l’oeuvre ou si, tout simplement, vous avez envie de découvrir Indridason ! 

Des avis sur Betty ? N’hésitez pas à répondre aux questions posées plus haut ! 

206 pages. Éditions Métailié (bibliothèque nordique).

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