Imaginez un peu : votre nom sort, vous devez affronter 23 autres personnes dans les Jeux de la faim. Un seul en sortira vivant. Que faites-vous ?

Couverture Hunger games, tome 1

Cette situation, c’est celle que Katniss va vivre sous vos yeux. À une différence près : le nom pioché n’est pas le sien, mais celui de sa jeune sœur de 12 ans, Prim. Katniss a seize ans, vit dans le district Douze, chasse dans la forêt en compagnie de Gale, son meilleur ami, même si cela est interdit. Le Capitole contrôle les douze districts (anciennement treize…) et chaque année, pendant la Moisson, organise les Hunger Games, dans lesquels douze filles et douze garçons s’affrontent. Le choix des participants se fait au hasard, sachant que chaque district fournit un garçon et une fille.  

L’histoire est originale et intéressante. L’auteure nous dévoile son monde petit à petit, disséminant les informations au fil des pages, rendant le tout très digeste. J’ai parfois entendu des gens dire d’une saga que l’univers était décrit sur des pages et des pages, sans qu’il n’y ait d’action ; je suis donc bien contente de vous assurer qu’Hunger Games ne fait pas partie de ces sagas. J’ai même maintenant un peu peur de lire la suite tellement ce premier tome m’a plu. 

Katniss est une jeune fille sûre d’elle, débrouillarde, intelligente et généreuse, bien qu’assez méfiante. Elle est presque trop mature pour son âge, mais la vie dans le district Douze y est forcément pour quelque chose, ainsi que la mort de son père quelques années avant le début de l’histoire. Elle a un caractère bien trempé et est courageuse. C’est un peu l’héroïne idéale, celle que l’on voudrait être si on devait participer à ces jeux. Et c’est fou comme on a envie d’y aller… ou pas.

On n’en sait pas beaucoup sur les concurrents de Katniss, hormis sur Rue, douze ans, qui vient du district Onze et qui est déjà surprenante à son âge. Il y a aussi Peeta, le tribut du district Douze, fils du boulanger que Katniss connaît un petit peu. Celui-ci est assez attachant également, dans un tout autre genre que Katniss et heureusement, il ne tombe pas dans le cliché du garçon musclé, fort dans tout, rapide, etc. Sinon, il n’y aurait pas de suspense.

Car du suspense, il y en a !

C’est le cas typique du «Allez, après ce chapitre, j’arrête ! » Seulement voilà, après dix derniers chapitres, vous n’avez toujours pas arrêté de lire. (Si on vous demande des comptes, vous n’avez qu’à répondre : «Mais il est très long, ce chapitre, c’est pour ça que je mets autant de temps» et vous cacher avec votre livre. ) Suzanne Collins sait comment nous mettre dans l’attente et gère parfaitement bien le rythme du récit. Quelques courts retours en arrière nous permettent d’en savoir plus sur la vie de Katniss (qui est aussi la narratrice ; elle fait vraiment tout, cette fille ! ). 

On sent bien que l’auteure a travaillé son univers. Le Capitole (gouvernement, en quelque sorte) contrôle par la peur, notamment en organisant les Hunger Games. Ils servent à rappeler aux habitants qu’il gère tout, absolument TOUT. La plupart des habitants ne disent donc pas grand-chose et se contentent de vivre du mieux qu’ils peuvent (c’est certainement plus facile pour les habitants du district Un, mais l’histoire se concentre sur ceux du district Douze, qui ont les moins bonnes conditions de vie). Gale et Katniss sont absolument contre le Capitole mais ne peuvent pas faire grand-chose. Ainsi, le totalitarisme est abordé, mais en surface. Je pense qu’il faut attendre les tomes suivants pour assister à la révolte. 

Il y a aussi un peu l’amour et l’amitié qui font office mini-thèmes et heureusement, l’amour n’est pas excessivement présent. J’avais un peu peur que ce soit le cas, ce qui aurait gâché ma lecture. La famille tient une place importante également, pour Katniss principalement.

L’écriture est simple, précise, agréable et fluide, ce qui renforce ce petit coup de cœur. J’en retiens principalement l’originalité de l’intrigue et le rythme parfait. Hunger Games m’a en tout cas donné envie de découvrir d’autres dystopies. N’hésitez pas à m’en conseiller !

Qu’en avez-vous pensé ? Me conseillez-vous les tomes suivants ?

411 pages. Éditions Pocket Jeunesse.

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