Embarquement immédiat pour la Crète ! Je vous emmène pour un séjour à Plaka, rempli d’excursions sur Spinalonga, île habitée par une colonie de lépreux entre 1903 et 1957.

Couverture L'île des oubliés

L’histoire débute avec Alexis, jeune anglaise, qui souhaite en apprendre plus sur sa famille maternelle. Elle part donc en Crète, plus précisément à Plaka, où elle rencontre Fotini, amie de sa mère, qui lui raconte toute l’histoire, dont elle a été témoin.  Alexis apprend notamment qu’Eleni, son arrière-grand-mère, a péri sur l’île de Spinalonga, sur laquelle vivait tous les lépreux. Chaque personne diagnostiquée recevait l’ordre de se rendre sur l’île pour y passer le reste de ses jours. Triste, non ?

D’un point de vue historique, j’ai été totalement séduite. Je ne connaissais pas du tout la lèpre (à part le nom, évidemment) et découvrir cette maladie, et surtout la vie des malades sur Spinalonga s’est avéré très intéressant. La vie sur cette île est totalement différente de ce que je m’imaginais ! D’ailleurs, lorsqu’Eleni arrive sur l’île, elle ne s’attend pas non plus à ce que ce soit si… agréable ! C’est très bizarre de dire ça, mais finalement, les lépreux, en dépit de leur maladie, avaient quelques avantages à rester à Spinalonga. On se souciait réellement d’eux : les médecins, notamment, mais aussi les politiciens locaux (bon, vous me direz, puisque le gouverneur est forcément lépreux lui aussi, c’est un peu normal qu’il se soucie des habitants de l’île). Autre avantage : pendant la guerre, les Allemands ne sont pas venus occuper l’île, ayant peur de contracter la lèpre. Ainsi, les habitants étaient en sécurité. La guerre nous est racontée du point de vue des habitants de Plaka, qui se situe juste en face de Spinalonga.

Petite précision par rapport à la construction du roman : il débute dans le présent avec Alexis. À partir du chapitre 3, on est dans le passé (qui commence en 1939 avec le diagnostique d’Eleni) jusqu’à la toute fin, où l’on retrouve Alexis et Fotini, ainsi que Sophia, la maman d’Alexis, venue raconter la fin de l’histoire familiale. Seuls deux petits bémols pour moi : le passé est raconté de telle façon qu’on a l’impression que ce n’est pas Fotini qui raconte l’histoire, ce qui fait que nous n’avons pas les réactions et/ou questions d’Alexis. Je me suis donc demandé si le postulat de départ était bien nécessaire… Aussi, (je chipote peut-être un peu…) certaines parties n’ayant pas été vécues par Fotini, ni rapportées auprès d’elle, il me semble incohérent d’avoir tout raconté. Mais ça, c’est ma pensée logique… Trop logique ?

Les thèmes sont très variés : la maladie, bien sûr, la honte, la gêne, le rejet des malades qui sont des thèmes très forts et assez bien traités, mais aussi tout ce qui a trait à la vie en général : la famille, l’amour, les aspirations de chacun. C’est un tout dans lequel on se plonge facilement.

Les personnages sont très forts et intéressants : Eleni et Giorgis (qui fait des trajets entre Plaka et Spinalonga pour apporter des vivres aux malades) et leur amour emporté par la maladie sont très touchants. Eleni marque les esprits par sa force et sa volonté, tandis que Giorgis m’a émue par l’amour qu’il éprouve pour sa femme et ses filles. Anna et Maria, leurs deux filles, sont aussi intrigantes que différentes. Si Maria est une jeune femme terre-à-terre et responsable, Anna rêve d’aventures et est d’un tempérament rebelle. Leur amie, Fotini, est un personnage secondaire remarquable par sa générosité et son amitié qu’elle donne sans compter. Mon personnage préféré reste le docteur Kyritsis, qui se donne corps et âme pour les patients et qui fait tout son possible pour tenter de les guérir.

Il s’agit d’une histoire renfermant des secrets de famille, Sophia ayant quitté la Grèce pour l’Angleterre subitement et ayant coupé les ponts avec tout le monde… ou presque. Bien sûr, il y a des révélations, mais l’auteur a parfois dévoilé des éléments trop tôt à mon goût, coupant l’effet de surprise. L’écriture reste fluide et agréable, malgré quelques paragraphes de trop.

Bref, une histoire passionnante avec des personnages forts (que l’on aime ou pas, d’ailleurs…) et des thèmes importants qui font parfois réfléchir. Malgré quelques petites déceptions, L’île des oubliés reste une très bonne lecture que je conseille aux lecteurs avides de secrets de famille.

L’avez-vous lu ? Connaissez-vous d’autres romans de ce genre, traitant de sujets semblables ? J’attends vos commentaires avec impatience !

520 pages. Le livre de poche.

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