Couverture Le parfumVous sentez cette odeur si particulière et envoûtante? Vous la reconnaissez? C’est l’odeur du chef-d’œuvre qui vient vous envelopper!

Si le récit n’est pas particulièrement palpitant au début du roman, il n’en est pas moins mystérieux et vous donne envie d’en connaître la suite. Jean-Baptiste Grenouille est abandonné de tous : notamment de sa nourrice qui déclare qu’il doit être possédé par le diable, puisqu’il n’a pas d’odeur. Or, tout le monde en a une. En grandissant, Jean-Baptiste comprendra que, si personne ne fait attention à lui, c’est bien à cause de cette absence d’odeur. Cependant, il a un don phénoménal : il est capable de distinguer toutes les odeurs, oui, TOUTES. C’est d’ailleurs de cette façon qu’il apprend à parler. 

À travers de nombreuses aventures, Grenouille se rend compte que l’odeur humaine le dégoûte, le rendant haineux envers tout le monde. Et pourtant, il souhaite tant être aimé! Alors son but est de se créer un parfum qui rendra tout le monde heureux de le voir. Mais est-ce réellement ce qu’il souhaite?

En quoi est-ce un chef d’œuvre?

Deux raisons :

  1. La psychologie du personnage de Grenouille
  2. L’écriture de Patrick Süskind

D’abord, le personnage de Grenouille est travaillé d’une façon remarquable. C’est un manipulateur comme jamais vous n’en avez rencontré auparavant. Il réussit à vous faire ressentir ce qu’il veut vous faire ressentir. S’il veut que vous l’aimiez, vous l’aimerez; s’il veut que vous ayez pitié de lui, vous aurez pitié de lui. Il calcule le moindre de ses faits et gestes. Et nous, lecteurs, nous sommes absolument pris au piège. Même s’il s’agit bien d’un monstre, vous ne pourrez pas réprimer vos envies de le materner, de l’aimer…pour finalement éprouver du dégoût et de la haine. Peut-être aussi de la terreur. Parce qu’on se demande comment on peut avoir autant le contrôle de soi.

Grenouille est un garçon d’une patience inouïe. Il arrivera à ses fins, comptez sur lui. Cela prendra deux heures, deux semaines ou deux ans, qu’importe. S’il décide de faire quelque chose, il le fera. Non seulement, il a un nez extraordinaire qui l’aide à sentir le danger avant qu’il n’arrive mais il sait aussi exactement ce que les gens attendent de lui et se conforme à leurs envies. Par exemple, s’il sent qu’il doit adopter une position de soumis, il l’adoptera, pensant que ça l’aidera à réaliser son but. Il n’en est que plus dangereux et cela le conforte dans son idée que les hommes sont méprisables et crédules. Il a toujours une longueur d’avance sur tout le monde.

Ensuite, Patrick Süskind réussit à nous faire entrer dans son univers grâce à sa plume magique. Sauf quelques exceptions, toutes les pages sont truffées de descriptions d’odeurs, rendant l’expérience du lecteur encore plus sensorielle. Vous découvrirez des parfums que vous connaissez mais auxquels vous n’avez jamais fait attention.

Utiliser les odeurs à chaque page du roman est une façon aussi de mettre lecteur dans la peau de Jean-Baptiste Grenouille. On sait exactement ce qu’il sent et comment il le ressent. Bref, un véritable coup de maître de la part de l’auteur.

Ainsi, si le début de l’histoire peut paraître assez long, il faut persévérer dans sa lecture. Le final à lui seul en vaut la peine, tellement il est particulier. L’atmosphère générale du roman est assez lourde, parfois franchement bizarre, mais cela n’est pas un point négatif selon moi. Cela renforce justement l’histoire en elle-même.

Bref, il me reste une seule chose à vous dire : foncez découvrir Le Parfum si ce n’est pas déjà fait!

Ma note: 17/20

  • Histoire et thèmes: 4/6
  • Personnages: 6/6
  • Construction du récit et rythme: 4/5
  • Écriture, style: 3/3

Et si vous l’avez lu, venez partager vos ressentis avec moi dans les commentaires!  

280 pages. Le livre de poche

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