Bienvenue au Pays Imaginaire, lieu merveilleux où tout le monde est gentil, généreux, où la vie est toujours belle, où…ah non, pardon, ça, c’est chez Disney. Chez James Matthew Barrie, c’est (un tout petit peu) différent…

L’histoire en elle-même est à peu près semblable : Peter Pan vient chercher Wendy et ses deux petits frères et les emmène au Pays Imaginaire. Les personnages que l’on connaît chez Disney sont présents dans le roman, Peter Pan a bien perdu son ombre, le crocodile a mangé un réveil, la fée Clochette est jalouse de Wendy, etc. J’ai bien aimé voir que beaucoup de détails du récit original se retrouvaient dans l’adaptation de Disney.

Oui, mais…

Peter Pan n’est pas le héros que l’on croit. Enfin, il peut l’être. Il sauve des vies, mais ce n’est jamais désintéressé. Ce n’est pas de la générosité, ça non. Quand il aide quelqu’un, c’est pour ensuite se faire mousser, se dire qu’il est génial, merveilleux et intelligent. Ainsi, lorsque Michael tombe en volant, Peter le sauve…mais à la toute dernière minute, pour que son acte ait l’air encore plus incroyable!

Peter est un petit garçon qui a beaucoup souffert et il s’est créé une sorte de carapace. Ainsi, il ne supporte pas les mamans, mais accepte tout de même Wendy…pour raconter des histoires (ça, ça va), repriser les chaussettes et faire la cuisine. Bon, c’est peut-être l’époque qui veut ça, mais Wendy reste tout de même une enfant! En régnant sur le Pays Imaginaire et notamment sur les enfants perdus, il impose ses règles. Il faut absolument que ce soit lui qui tue le Capitaine Crochet et interdiction de grandir sinon…Peter vous tuera. Ça donne envie, non?  Bref, Peter Pan est un personnage qui peut paraître détestable et en même temps, on a envie de l’aimer et de le protéger. On est assez loin de l’image créée par Disney, somme toute.

J’avoue avoir eu un peu de mal à m’attacher aux personnages, même si je reconnais qu’ils sont tous bien travaillés. Peter est parfois ignoble, Wendy m’insupporte par son côté ménagère, la fée Clochette est d’une jalousie incroyable (envers Wendy, principalement). Seuls Michael, le frère de Wendy, et les enfants perdus en général m’ont attendrie.

J’ai cependant apprécié la psychologie de Peter et celle de Crochet. On ressent plus de culpabilité chez ce dernier, on le sent plus enclin à changer. C’est intéressant, parce que la série Once Upon A Time reprend bien ce concept. Était-ce prévu depuis le début, ça, on ne le saura peut-être jamais.

Ce que j’ai le plus apprécié dans Peter Pan, ce sont les thèmes abordés, notamment ceux de l’enfance et de l’imagination. Ils sont d’ailleurs intimement liés, car en devenant adulte, on ne peut plus apprendre à voler et on ne peut plus aller au Pays Imaginaire, qui finalement est un endroit qui apparaît dans les rêves des enfants. Un peu comme un terrain de jeu auquel on ne pourrait accéder qu’en dormant. Peter, quant à lui, refuse de grandir. Un peu comme si, en grandissant, on perdait toute cette liberté d’imagination; comme si, parce qu’on est adulte, on est obligé d’être terre-à-terre. Chacun a une lecture différente de cette œuvre, mais pour moi, c’est le point le plus important : la critique de la société, notamment des obligations des adultes et la perte de leur âme d’enfant.

Pour ce qui est de l’écriture, je dois dire que j’ai lu l’œuvre en anglais (la version originale est tombée dans le domaine public, vous pouvez la retrouver gratuitement sur vos tablettes) et que j’ai apprécié le style de l’auteur malgré quelques petites longueurs. C’est finalement un ton parfois humoristique que James Matthew Barrie emploie. À noter également que, bien souvent, le narrateur fait comme si nous voyions les actions, nous prenant à partie, comme s’il discutait avec nous et nous décrivait ce que nous regardions en même temps. Un peu comme si vous parliez avec un ami en regardant un film.

Bref, je pense que c’est une œuvre à lire au moins une fois dans sa vie, même si l’histoire ne m’a pas passionnée et que les personnages m’ont parfois ennuyée.

Avez-vous lu Peter Pan? Qu’en avez-vous pensé, comment l’avez-vous perçu? Préférez-vous le dessin animé au livre?

249 pages chez Le livre de poche (jeunesse).   

 

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