Aujourd’hui, je vous emmène dans le Long Island des années 20, à la rencontre de Jay Gatsby, homme mystérieux donnant de somptueuses fêtes et sur lequel de nombreuses rumeurs courent… A-t-il vraiment tué un homme? Ça, je ne vous le dirai pas…

Couverture Gatsby le magnifique

En revanche, ce que je peux vous dire, c’est que ma lecture a été en demi-teinte. Si certaines réflexions de l’auteur sont très justes, le rythme du roman est trop lent au début, trop rapide ensuite et le narrateur m’a parfois agacée…

Je dois aussi faire une petite note concernant cette nouvelle traduction. Je ne connais pas la version originale ni les autres traductions qui existent. Dans celle-ci, en revanche, il y a plusieurs phrases incompréhensibles et pas mal de «coquilles» (espérons que ce soit réellement des coquilles, d’ailleurs…). Je dois dire que ça a un peu gâché ma lecture.

Mais passons par-dessus cela. Gatsby le magnifique (oui, parce que c’est le titre de base, je ne sais pas pourquoi ils ont enlevé «le magnifique») est truffé de jolies comparaisons, de phrases poétiques et de descriptions nécessaires sans être trop longues. Sauf pour un chapitre, dans lequel ÉNORMÉMENT de noms sont cités…noms qu’on ne retrouvera pas ailleurs dans le récit… cependant, je comprends tout à fait pourquoi l’auteur a choisi de nommer tous ces gens. J’y reviendrai plus tard.

Si vous ne connaissez pas l’histoire, il s’agit de Nick Carraway, narrateur de l’histoire, qui en vient à connaître son voisin, Jay Gatsby. Celui-ci a une somptueuse demeure dans laquelle il donne de nombreuses fêtes, accueille tout le monde, même ceux qui ne sont pas invités, mais au final, Nick se rend compte que personne ne connaît réellement Gatsby… On le soupçonne d’avoir été un espion allemand pendant la guerre, d’avoir tué un homme, de mentir sur son passé…à cette époque, tout comme aujourd’hui, les gens étaient friands de ces petites rumeurs qui rendaient leurs (futiles?) vies plus passionnantes.

Nick parviendra à faire la connaissance de Gatsby et à en apprendre plus sur son passé, ainsi qu’à être témoin de l’amour liant sa cousine Daisy à Gatsby.

Et il en faut du temps pour découvrir tout cela! Le début du récit est trop lent, il ne se passe pas grand-chose. Puis quand finalement il se passe quelque chose, tout va si vite que c’est déjà terminé…C’est dommage pour le lecteur, mais c’est aussi un élément que l’on peut comprendre en analysant les réflexions de l’auteur.

Effectivement, F. Scott Fitzgerald a voulu mettre en opposition les fêtes magnifiques et abondantes données par Gatsby, sa demeure qui semble démesurée pour un seul homme et le vide qu’il ressent. Il est seul, l’amour lui manque et pour combler ce trou qu’il a au cœur, il accueille de nombreuses personnes, leur fait vivre des soirées merveilleuses et a ainsi l’impression de ne plus être si seul. C’est à mon avis pour cela que l’auteur a écrit des pages remplies de noms (ce dont je parlais plus haut…).

 C’est pour moi un thème très intéressant : la futilité de nos vies, le vide que l’on peut ressentir. Au final, qu’est-ce qui nous rend réellement heureux? Est-ce sincèrement toute cette abondance de nourriture, ces pelouses PAR-FAI-TES, coupées au millimètre près? Connaître un nombre incalculable de gens sans pour autant pouvoir écrire une dissertation objective sur eux fait-il de nous des gens biens sous tous rapports? Je pense que l’auteur a voulu dénoncer les mœurs et pensées de cette époque…mœurs et pensées qui n’ont pas tant changé que ça quand on y pense bien…

Gatsby finira par évoluer. Plutôt que de continuer à vivre dans le passé, il prendra des actions concrètes pour vivre l’amour qu’il attend depuis si longtemps. Est-il trop tard? Les choses se passeront-elles comme il l’imagine? Pourra-t-il être (enfin) heureux? C’est là pour moi la clé de ce roman : créez votre bonheur avant qu’il ne soit trop tard! Faites ce qui vous rend heureux, cessez de vivre pour les apparences, cessez de faire ce que les autres aimeraient que vous fassiez!

C’est en cela que j’aime le personnage de Gatsby. Car, au fond, il est comme nous. Il erre un peu par hasard, mais finit par comprendre qu’il a le droit de vivre selon ses vrais désirs. J’ai aussi aimé son côté mystérieux et son passé si particulier et complexe qu’il finira par confier à Nick…et aux lecteurs.

Pour parler de Nick, ce fameux narrateur, je dois dire qu’il m’a agacée. Je n’arrive pas vraiment à me l’expliquer. Il a pourtant un bon fond, car il est prêt à aider Gatsby alors qu’il ne l’aime pas particulièrement. Justement, je l’ai trouvé parfois trop critique, comme s’il était parfait et qu’il jugeait Gatsby de ne pas l’être également.

Il y a aussi Daisy, cousine de Nick, qui m’a laissée relativement indifférente. Elle aussi correspond bien à ce stéréotype des gens qui prennent des décisions en fonction de l’avis des autres et de leur confort. Sauf qu’elle, elle ne change pas tellement…

Bref, un classique à lire pour ses thèmes et pour l’histoire de Jay Gatsby, mais quelques personnages qui ne m’ont pas tellement plu.

Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé? Et si vous ne l’avez pas lu, avez-vous envie de le lire? J’aimerais bien connaître vos avis sur le film avec Leonardo DiCaprio également!

222 pages. Éditions Pocket. Collection Classiques à petits prix.

Publicités