On dit parfois que les choses les plus simples sont parfois les plus jolies. Eh bien, l’histoire de Nathalie et des autres personnages de La délicatesse correspond tout à fait à cette affirmation.

Couverture La délicatesse

Mes lectures de ce début d’année sont plutôt bonnes et La délicatesse ne fait pas exception! L’histoire est très simple : au début, on suit Nathalie et sa rencontre avec François, leur relation qui semble exceptionnelle, leur quotidien…puis survient le drame : François décède. (Ceci n’est pas un gros spoiler…) Si la vie semble s’arrêter pour Nathalie, elle reprendra le contrôle de façon originale et totalement inattendue auprès de Markus, un collègue.

Si l’histoire peut sembler banale, car elle pourrait être vécue par des millions de gens, elle est aussi très humaine et sincère. Ce livre est un petit bijou terriblement bien écrit. La plume de David Foenkinos est fluide, poétique et teintée d’humour. C’est apparemment ce que les lecteurs ont préféré de La délicatesse. Quant à moi, j’ai à peu près tout aimé.

D’accord, l’histoire n’est pas particulièrement passionnante ni haletante. Mais ce qui fait sa force, c’est justement la délicatesse qui s’en dégage. D’ailleurs, les mots dérivés de «délicatesse» sont très présents dans le roman. La délicatesse, c’est en quelque sorte une ode à la vie et à l’amour, un espoir permettant au lecteur de se dire que tout peut s’arranger, parfois au moment où l’on s’y attend le moins, d’une manière que nous n’aurions jamais imaginée.

Ce qui m’a marqué chez Nathalie, c’est sa force. La force de traverser le deuil, puis de rebâtir sa vie. La force également de faire face aux rumeurs les plus folles, de tout envoyer balader, de vivre à sa façon. C’est une qualité que j’aimerais beaucoup posséder!

Cependant, le personnage que j’ai le plus apprécié est Markus, le collègue de Nathalie. Je me reconnais beaucoup en lui. On sent sa sensibilité, son envie d’idéal, sa culpabilité constante même si elle n’est pas justifiée, une certaine fragilité, de la maladresse. Un personnage délicat, en somme (un peu comme tous les personnages du roman, en fait…) Et puis on le voit évoluer, s’affirmer de plus en plus, prendre des décisions qui vont changer sa vie…et c’est ce qui est beau, ce qui permet au lecteur de se dire : «moi aussi, je peux m’affirmer et continuer à être qui je suis sans me préoccuper du regard des autres.» Je vous l’accorde, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il n’empêche que de voir un personnage comme Markus, ça inspire.

Je ne vous parle pas trop des autres personnages, je vous laisse le soin de les découvrir! Sachez qu’ils ont tous leurs faiblesses, les rendant on ne peut plus réels, même s’ils ne sont pas tous attachants.

La délicatesse analyse les relations sociales, et surtout les relations amoureuses. Ainsi, on a Nathalie et François au tout début du roman et leur relation presque idyllique. David Foenkinos décrit aussi la lassitude dans un couple, la découverte d’un nouvel amour, le deuil amoureux, l’ouverture aux autres ainsi que le sujet plus personnel qu’est l’acceptation et l’affirmation de soi. Bref, des sujets de la vie courante traités avec justesse, légèreté et un peu d’humour. C’est ce qui m’a le plus plu.

Le titre est bien choisi, car le roman expose la délicatesse de la vie, ses petites joies, ses douceurs, mais aussi ses peines et ses coups bas. Un écrin de douceur et de réalité. Un livre fait pour ceux qui pensent que lire empêche de voir la vie comme elle est. Un livre qui nous rappelle le bien que peut parfois faire la simplicité.

Deux petites citations avant de vous quitter :

«Elle, c’était tout ce qu’elle voulait : se laisser aller. Ne plus sentir le poids de chaque seconde. Elle voulait retrouver une légèreté, fût-elle insoutenable.»

«La culpabilité l’assiégeait de toutes parts. Et c’était peut-être là la véritable nature de sa personnalité. Le sentiment absurde, en permanence au-dessus de lui, d’un châtiment à venir.»

Et vous, vous êtes-vous laissé emporter par La délicatesse? Avez-vous lu d’autres livres de David Foenkinos?

210 pages. Éditions Folio

Publicités